En septembre dernier, lorsque les 43 étudiants d'Ayotzinapa, une école d'Iguala dans l'état de Guerrero au #Mexique, ont été portés disparus le président Enrique Peña Nieto ne se doutait pas que ces derniers allaient devenir le porte-étendard d'une corruption qui gangrène le pays. Le 28 janvier dernier, quelques heures après avoir demandé à son peuple d'aller de l'avant, le président mexicain s'est fait tapé sur les doigts par Human Rights Watch, division des Amériques.

Le directeur de l'organisme, José Miguel Vivanco, a souligné la grande négligence dont le gouvernement a fait part au cours de l'enquête. Il va plus loin en disant que « contrairement à ce que disent les autorités, le meurtre des 43 étudiants n'est pas un fait historique, mais seulement une version officielle jusqu'à maintenant. »

Le président Enrique Peña Nieto avait déclaré plus tôt dans la journée que « les autorités gouvernementales avaient déployé des moyens sans précédents dans le cas d'Ayotzinapa. » Peut-être, mais encore faut-il que tous soient d'accord avec lui.

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Jusqu'à maintenant, tous les experts critiquent cette enquête. « Nous ne pouvons pas être prisonnier d'Ayotzinapa pour toujours », disait-il.

Les parents des victimes ne croient pas la version officielle du meurtre et de l'incinération des corps fournie par le Bureau du procureur général. Les 15.000 personnes qui ont marché dans la ville de Mexico non plus. Mais, M. Vivanco affirme que cette théorie n'est pas farfelue non plus. " Elle est plausible en raison de la haut corruption et de la violence importante dans certains États du Mexique ". Mais, pour lui, il est difficile d'avoir confiance en la justice mexicaine car « les aveux sont obtenus grâce à la torture et aux pressions persuasives. » Le directeur de Human Rights Watch disait que le fait d'avoir annoncé la découverte des cadavres par les médias plutôt qu'aux parents en premier démontre une hâte de vouloir fermer le cas de la part des autorités.

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Le Mexique sera révisé par le Comité sur les enlèvements forcés des Nations-Unis du 2 au 13 février à Genève. Nul doute qu'Enrique Peña Nieto désire voir Ayotzinapa être balayé sous la table avant l'audition de son pays.