Des milliers de manifestants s'étaient rassemblés devant le consulat de France à Karachi, au Pakistan, pour protester contre la dernière publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomet, publiée dans le journal satirique #Charlie Hebdo mercredi dernier. Malheureusement, cette manifestation a tourné à la confrontation.

Cette violente manifestation contre Charlie Hebdo a engendré des blessés, dont le photo-reporter pakistanais Asif Hassan, atteint d'une balle au poumon, puis transféré d'urgence à l'hôpital de la métropole pakistanaise, où il a reçu une intervention chirurgicale avec succès. Hassan, 38ans, travaille pour l'Agence France-Presse, couvrait ces affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre.

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D'après la police et quelques témoins, la balle venait des manifestants, mais cette information n'a pas été confirmée.

Selon les autorités hospitalières, deux autres personnes ont été légèrement blessées, le caméraman d'une chaine locale et un policier.

Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, les grands partis islamistes dont la Jamaat-e-Islami, au Pakistan avaient appelé à des manifestations nationales afin de condamner la publication de la caricature du prophète Mahomet en une du journal satirique français. Et il n'existe pas ni en version papier ni en ligne au Pakistan. À Karachi, plusieurs personnes ont répondu à l'appel. Certains ont préféré marcher jusqu'au consulat de France. Les heurts ont éclaté lorsque la police a voulu les en empêcher à coup de canons à eau, des gaz lacrymogènes et de tirs de sommation.

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Les heurts ont commencé après la prière du vendredi, en milieu de l'après-midi. Comme ailleurs dans le monde musulman, la une de Charlie Hebdo, publié mercredi dernier, a provoqué l'ire des pakistanais.

Jeudi passé, le parlement pakistanais avait adopté à l'unanimité une décision condamnant la publication de ce dessin, estimant, que la liberté d'expression ne doit pas servir à offusquer ni toucher les croyances religieuses.

Pakistan, deuxième pays musulmans le plus peuplé au monde avec ses près de 200 millions d'habitants, avait connu des manifestations cruelles en 2012 après la diffusion du film américain « L'innocence des musulmans ». Les autorités pakistanais ont même bloqué l'accès au site par ce fait.

Hier, d'autres manifestations ont eu lieu aussi dans les autres grandes villes au Pakistan, y compris Islamnabad, Peshwar, Multan et Lahor.