Une fois n'est pas coutume, les politiques contredisent les juges. Cette fois, c'est la décision de retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes qui fait débat. En marge d'un Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE qui s'est tenu en début de semaine, une porte-parole a annoncé la volonté politique de faire appel de cette annulation. Le Hamas palestinien pourrait donc retourner sur la liste noire d'ici un an. Le 17 décembre 2014, le Tribunal de l'#Union Européenne avait justifié sa décision par un « vice de procédure ».

Il considérait que les preuves apportées pour justifier la mise au ban du Hamas n'étaient pas fiables et que les faits reprochés étaient tirés d'échos de presse et d'internet.

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« Cette décision était clairement fondée sur des bases procédurales et n'impliquait pas une évaluation par le Tribunal de la pertinence de désigner le Hamas comme organisation terroriste », a d'ailleurs précisé la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères Federica Mogherini.

Les sanctions contre le Hamas devaient être mieux justifiées

En réalité, ce qui est présenté comme une décision réglementaire a une portée politique que les responsables européens font mine d'ignorer. Car il semble que les plaignants qui demandaient l'inscription du Hamas comme organisation terroriste n'ont pas soumis de véritables preuves qu'ils auraient pu avoir en main pour justifier leur demande. Ce qui laisse planer un doute sur la véracité des preuves en question et sur le fondement véritable de la demande d'inscription sur la liste des organisations terroristes.

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A savoir qu'au lieu de produire des faits précis pour justifier leur demande, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont d'office décrété que le Hamas était un groupe terroriste. Dès lors, le Tribunal n'avait plus grand-chose à trancher... En clair, la demande de faits tangibles est venue sanctionner des déclarations de principes qu'il aurait fallu étayer.

Le retrait du Hamas de la liste terroriste peut aussi être vue comme une façon de se mettre certaines puissances orientales « dans la poche ». On évoque notamment une intervention du Qatar, traditionnel défenseur de l'organisation palestinienne, pour défendre la cause du Hamas. En face, on trouve évidemment #Israël qui combat le Hamas. Suite à la décision du tribunal, le premier ministre Benjamin Netanyahou avait exigé que l'Europe annule au plus vite cette décision et dénoncé une « hypocrisie stupéfiante » des Européens. La décision des ministres de faire appel doit donc le satisfaire. A l'inverse, un porte-parole du Hamas a qualifié la volonté de l'UE d'inscrire l'organisation sur la liste des terroristes d'« acte immoral ». Le Hamas estime que l'Europe se montre partiale « en faveur de l'occupant israélien ». En attendant la troisième manche. #Palestine