« Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes. Le #Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour les combattre. » Premier ministre depuis 2012, Shinzo Abe ne décolère pas après l'assassinat, à une semaine d'intervalle, des otages, Haruna Yukawa et Kenji Goto par l'État islamique. Lui qui avait, début 2015, promis 200 millions de dollars d'aide aux pays qui combattent l'organisation de l'#Etat Islamique avant de se rétracter. Un geste considéré comme un soutien militaire par les djihadistes.

Une révision historique

Face au choc provoqué par cet acte de terrorisme, le Parlement japonais pourrait voter dès cette année la levée de l'interdiction faite à l'armée de se battre à l'étranger.

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Ce qui serait tout bonnement le changement militaire le plus important depuis la défaite japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. En effet, l'article 9 de cette Constitution pacifiste datant de 1947 empêche au Japon d'utiliser des moyens militaires pour résoudre des problèmes internationaux. Il y est inscrit : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l'ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux ».

Pour y mettre fin, Shinzo Abe présente une nouvelle doctrine du nom d'auto-défense collective. Jusqu'à présent, le pays s'est contenté de l'aide humanitaire et économique pendant que ses alliés occidentaux menaient des actions militaires.

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Si ce contournement était effectif, les soldats nippons pourraient venir en aide à leurs homologues en danger. « Si nous n'agissons pas ensemble parce que nous avons peur des terroristes, nous donnerons simplement à ces terroristes méprisables ce qu'ils veulent », justifie le Premier ministre. À son arrivée au pouvoir, Shinzo Abe parlait déjà de « politique proactive » pour la paix et la sécurité augmentant le budget de la défense. Une première depuis plus de dix ans.

Les Japonais divisés sur la fin du pacifisme

Si la volonté de révision de Constitution n'est pas nouvelle au Japon, le débat a le don de diviser ses habitants. Une courte majorité serait, selon les derniers sondages, contre la fin du Japon pacifique. L'abandon de ce statut pourrait, d'après certains, faire ressurgir les fantômes du passé. En juillet 2014, Shinzo Abe avait déjà annoncé un changement de cap ce qui a provoqué de grandes manifestations. Mais tous ne sont pas contre. « Je pense que c'est un bon choix, estime Yoko (32 ans) originaire d'Oita sur l'île de Kyushu au Sud.

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Notre pays a perdu une guerre. Nous avons été contraints de nous reconstruire avec une nouvelle Constitution. Le monde change. Et cette Constitution doit évoluer si nous voulons être capables de protéger notre pays. Nous sommes certes un peuple paisible mais nous souhaitons aider si un pays en a besoin. » Autant dire que le débat risque d'être animé dans les prochains mois pour le pays du Soleil levant. Mais le sort des otages va peut-être permettre au Premier ministre de justifier sa volonté.