Le début du deuxième mandat de Dilma Rousseff ne pouvait pas plus mal commencer. En plein boum du scandale lié à la compagnie pétrolière Petrobras, Rousseff va devoir se serrer les coudes. La cheffe de l'Etat n'est toujours pas impliquée mais elle était présidente du Conseil d'administration lorsqu'elle était Ministre de l'Energie et des Mines. Et c'est bien son parti, le Parti des Travailleurs qui s'est financé sur la compagnie pétrolière. Une fameuse épine dans le pied !

Mais outre ce dossier brûlant, la conjoncture actuelle du Brésil n'est pas bonne. « Le pays souffre actuellement d'une sécheresse alors qu'il fonctionne principalement à l'énergie hydraulique », explique le géographe Hervé Théry.

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La criminalité est toujours bien d'actualité. Et il paraît bien difficile d'endiguer le phénomène. « A la fin de l'année dernière, on a recensé 50 000 morts/an, c'est un score de guerre civile ! Ce chiffre représente plus de morts qu'en Irak », indique encore celui qui enseigne à Sao Paulo. Le pays souffre toujours également de grandes disparités régionales. « Il est très déséquilibré. Le Sud-est est développé, le Nord-est est pauvre et l'Amazonie est sous-peuplée. En réalité, il y a trois Brésil ».

Pas que du négatif…

Des points positifs sont tout de même à souligner dans ce pays, encore hôte de la Coupe du monde il y a quelques mois. « Sous les huit années de Lula et les quatre de Rousseff, le pouvoir d'achat réel du salaire minimum a doublé. Il est passé de 100 à 200€. Une centaine de millions de personnes sont passées de la misère à la classe moyenne. Ce coup de pouce a bien fait les affaires du marché intérieur ».

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Les classes sont réparties en A,B,C,D,E et le Brésil ne connaît plus la famine. « Il y a même un problème de surpoids chez les pauvres qui se nourrissent mal ». Le projet « Faim zéro » a permis de développer les bourses de familles pour un quart de la population. « Et les bénéficiaires sont tellement satisfaits qu'ils ont réélu la présidente ».

Au niveau démographique, la population est très jeune. Le pays sait donc où il va avec plus d'actifs qu'inactifs à l'avenir. Quant à la situation énergétique, elle est très bonne avec « une autosuffisance en pétrole et une production à la hausse de biomasses ». Dernier point et non des moindres, le système éducatif. « Le taux d'analphabétisme diminue et le primaire est en train de bien se développer. Avant, on procédait dans le sens inverse, on développait l'enseignement supérieur ». Qu'ils soient positifs ou négatifs, la présidente Rousseff a de chauds dossiers sur la table. Et l'affaire Petrobras pourrait fortement ternir l'image d'une présidente encore soutenue par son prédécesseur Lula.