Dans la ville de Maroua, capitale régionale de l'extrême-Nord #Cameroun, la nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre. Plus précisément à Balaza, dans le troisième arrondissement de la ville de Maroua où l'Inspecteur de police principal Abdoulaye Farikou occupait, il y a quelques jours, les responsabilités de chef de poste d'identification. L'histoire est le sujet principal des conversations.

Rencontrés vendredi, au sortir de la grande prière du jour, Issa et Hamadou, deux jeunes musulmans conducteurs de moto taxi, ont décidé de se rendre au poste de police de Balaza pour se rassurer de l'effectivité de la nouvelle sur l'arrestation de leur "ami policier".

Publicité
Publicité

Sur place, personne n'ose infirmer ou confirmer. Même les camarades de corps d'Abdoulaye Farikou ont "la peur au ventre", évitant de donner plus amples détails face au risque de représailles de la hiérarchie policière du pays. "Abdoulaye, c'est un policier au grand cœur", lance Hamadou. Le jeune conducteur de moto venu s'enquérir de la situation de son "ami policier" s'est vu répondre par un autre agent de la police que "l'IPP Abdoulaye n'est plus là".

2 500 membres de Boko Haram aidés 

D'après des sources concordantes, "Abdoulaye est aux arrêts depuis mercredi". Il a été interpellé par les éléments de la gendarmerie nationale, sur ordre du procureur de la République, près la Cour d'Appel de Maroua, dans le cadre des soupçons de collision avec les membres du groupe djihadiste #Boko Haram.

Publicité

Des sources sécuritaires et des services secrets indiquent : "il arrivait à l'IPP Abdoulaye Farikou de délivrer des récépissés de la carte nationale d'identité sans qu'au préalable, le demandeur ne présente son acte de naissance. Une omission volontairement grave qui a permis de faire entrer plus de 2 500 membres de Boko Haram dans le territoire camerounais", a précisé une source policière qui a requis l'anonymat.

Pris dans les mailles de la justice camerounaise, l'Inspecteur de police principal est sous mandat de dépôt. Abdoulaye est le second policier arrêté pour des faits similaires et mis sous les verrous par la justice camerounaise. Son camarade d'unité Aladji Ibrahim, lui, avait été arrêté en novembre 2014 et attend toujours son jugement.

L'Inspecteur de police principal Abdoulaye Farikou, comme son camarade Aladji Ibrahim, seront jugés selon la loi portant répression des actes de terrorisme au Cameroun. Cette loi stipule à l'article 2, alinéa 1 que : « Est puni de la peine de mort celui qui, à titre personnel, en complicité ou en coaction, commet tout acte ou menace susceptible de causer la mort, de mettre en danger l'intégrité physique, d'occasionner des dommages corporels ou matériels, des dommages de ressources naturelles, à l'environnement ou au patrimoine culturel dans l'intention : a) d'intimider la population, de provoquer une situation de terreur ou de contraindre la victime, le gouvernement et/ou une organisation nationale ou internationale, à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque, à adopter ou à renoncer à une position particulière ou à agir selon certains principes ; b) de perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation de services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations ; c) de créer une insurrection générale dans le pays. »

Bien que la police camerounaise ait joué un rôle très important dans la lutte contre Boko Haram, il n'en demeure pas moins qu'il y a des éléments travaillant en collision avec le groupe terroriste.