Les attaques de chrétiens en Irak et en #Syrie se multiplient. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, pas moins de 200 chrétiens ont été enlevés depuis le début de semaine. Dans ce contexte, des milices organisent la résistance. Dans leurs rangs figurent des Irakiens mais également des Occidentaux venus défendre la civilisation assyrienne, qui compte parmi les plus anciennes civilisations chrétienne au monde.

Une légion étrangère en Irak ?

La vidéo fait le buzz sur Internet. Interviewé par une chaine de télévision irakienne, Brett, vétéran de l’armée américaine explique vouloir défendre ses frères opprimés pour que « les cloches des églises continuent de sonner en Irak ».  S’il fait figure de pionnier, Brett n’est pas le seul occidental à avoir rejoint Al-Qosh pour intégrer la milice Dwekh Nawsha, (les auto-sacrifiés en assyrien, NDLR). Située au Nord de Mossoul, Al-Qosh est la seule province chrétienne à avoir échappé à l’invasion de l’État Islamique. Effrayée devant la progression du groupe terroriste, la plupart de sa population s’est réfugiée au Kurdistan voisin. Du haut de ses 28 ans, piercing et tatouage de Jésus au bras, Brett vante ses qualités de recruteurs. D’après lui, vingt occidentaux comptent bientôt rejoindre Dwekh Nawsha. Tous sont issus du sérail militaire. Sa première recrue Louis Park a servi en Afghanistan avant de se voir diagnostiquer des troubles de stress post-traumatiques. Dans l’obligation de quitter l’armée, et de retour aux Etats-Unis, il décide d’économiser en octobre dernier pour financer son départ en Irak. Il explique aujourd’hui son engagement par son patriotisme « terrible ». Défendre les Chrétiens c’est finalement défendre les Etats-Unis, son pays. Et de conclure : « Si mon gouvernement ne les combat pas, je le ferais moi ». La semaine dernière, c’est le cas de l’entrepreneur Tim Hooks qui a agité la presse brittannique. Face aux images des civils tués, il exprime son ecoeurement et son désir de tout plaquer, famille-maison-boulot, pour en finir définitivement avec « ces gens qui tuent et décapitent sans pitié. » Après avoir noué quelques contacts sur Internet, il fait la connaissance de Brett et saute le pas direction Al-Qosh. Interrogé par le Daily Mail, il assure : « Je reviendrai chez moi quand Daesh aura disparu de la Terre. » Andrew, un Canadien, a lui aussi rejoint Dwekh Nawsha après avoir vu une vidéo dans laquelle des membres de l’État Islamique égorgent des hommes dans un abattoir pour ensuite revendre leurs organes. Bien qu’aucune preuve n’atteste de la véracité de ces pratiques, la propagande anti-Islam véhiculée sur le net nourri un désir de vengeance qui flirte bien souvent avec une rhétorique apocalyptique.

Un combat sacralisé

Brett se définit lui-même comme « un croisé » dont l’engagement aurait été motivé après la lecture d’un verset de la Bible. Pour lui tout est clair : la résurgence de la communauté assyrienne et le combat contre les terroristes musulmans est un signe de la Fin des Temps. Comment ne pas voir dans ces propos le miroir des discours portés par les djihadistes qui, persuadés eux aussi que l’heure approche rejoignent les rangs de l’EI pour défendre leur cause, celle des musulmans opprimés ? Selon Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak et professeure à Sciences Po, cette réaction identitaire chrétienne est une réponse au fondamentalisme de l’EI. Interrogé par L’Express, elle explique : «  Ils partent rejouer l’Histoire, c’est une grande aventure au nom de la religion. Ils assument l’esprit de croisade. » Le combat est donc sacralisé, la religion fomente la coalition.

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« Au-delà de la nationalité, c’est cause contre cause, civilisation contre civilisation. » Parmi les volontaires figurent des Américains, des Canadiens et des Anglais. Qu’en est-il une fois au front ? Si Tom Hooks débarqué il y a une semaine est attelé aux travaux de construction, le temps de son acclimatation,  Brett, lui figure bel et bien parmi les combattants. Une dizaine d’occidentaux avaient déjà rejoint les troupes kurdes du YPG. Parmi eux, Jordan Matson, un Américain affirme que beaucoup ont finalement « perdu leur sang-froid ». Mardi, le premier occidental pro-kurde de nationalité australienne est mort lors d’une offensive contre l’état islamique, selon l'AFP.

Dwekh Nawsha compte désormais une centaine d’homme. Les milices chrétiennes se sont multipliées dans la ville d’Al-Qosh, à l’instar du UPN (Unités de protection des plaines de Ninive, NDLR) au sein duquel combat Benham Atalar, l’ancien brigadier général de l’armée de Saddam Hussein. Contacté par Le Monde, il confie : « Nous n’avons pas d’autre choix. C’est uniquement en prenant les armes, en constituant notre propre unité militaire que nous pourrons être respectés en tant que communauté. » #Etat Islamique