Les «Banca», embarcations traditionnelles des #Philippines, canoë à doubles balanciers de 2 à 30 mètres, sont construites depuis toujours en bois, mais suite au typhon Yolanda en novembre 2013, qui a anéanti une partie de la flotte de l'ile de Leyte, des "banca" furent construite en matériaux composites, à l'initiative d'ONG. 


La "Banca" débute sa vie dans la forêt où l'on choisit l'arbre, ce sera un Lauan qui va constituer l'âme de celle-ci, la quille. Une fois abattu et transporté sur le chantier de construction, commence le façonnage, étape importante car, il n'y a pas de plan, ce sont les dimensions de l'arbre qui vont déterminer celle de l'embarcation. Son tronc taillé à la hache va constituer la quille, le fond du bateau, son épaisseur et sa rigidité sont de sérieux atouts. Les eaux peu profondes entourant les iles, regorgent de récifs de corail, qui même s'ils sont morts, présentent de nombreux dangers pour le navigateur.  

Sur ce fond épais va venir se greffer les membrures de la coque sur lesquelles seront posées les lisses. Pour finir, des plaques de contreplaqué constitueront le bordé. La fixation se fait avec des clous en cuivre, voir en galva. Notons bien, ce seront les seuls éléments métalliques utilisés pour la construction, toutes les autre fixations utiliseront le fil de nylon de fort diamètre, pour faire de solides ligatures.  

Suivant la taille, la coque sera partiellement ou totalement pontée, à part les très petite qui sont totalement ouvertes. Sur les grosses unités, de transport à passager ou de pêche, entièrement pontée, de hauts sur-baux, protègent les personnes à bord. Les balanciers sont constitués de perches de bambou, plus ou moins grosses suivant la technique de l'endroit. Lorsque la coque a de petits mats, les balanciers sont haubanés et donc plus légers, dans le cas contraire ils sont plus gros et souvent renforcés de poutres sur les grosses.  

Les flotteurs dans la plupart des cas sont constitués de plusieurs bambous solidement maintenus ensemble. On commence à voir des flotteurs en composite. Les superstructures sont rudimentaires, un taud en toile pour protéger du soleil et des rideaux amovibles, pour éviter les embruns sur les transports à passagers. Le tube d'étambot ainsi que la mèche de safran sont en général en inox, le safran de petite taille par rapport à la coque, s'explique par le fait qu'il n'agit pratiquement que sur le flux de l'hélice. Les manœuvres d'accostage, à la pagaie ou à la perche, se font moteur coupé ou au «neutre». Le système de barre est simple mais efficace, une biellette est soudée perpendiculairement à l'axe du bateau,sur la mèche de safran, une longue perche venant se fixer à l'extrémité de la biellette, permet au barreur de se déplacer tout en gardant la maitrise de la barre, c'est une adaptation astucieuse de notre «barre franche

Les très petites sont en général sans moteur et utilisent la pagaie pour se rendre sur les lieux de pêche et souvent une petite voile de couleur pour rentrer.  

Pour les autres, la motorisation est très disparate, les petites sont équipées d'un moteur monocylindre essence, refroidi par air, généralement placé sous le banc du pilote, l'échappement avec un vague silencieux, part dans l'air. La ligne d'arbre est fixée directement sur la sortie de l'arbre moteur, pas d'embrayage, démarrage à la ficelle, il faut mettre la "Banca" dans la direction souhaitée car dès le démarrage l'hélice tourne. Les moyennes et grosses, utilisent des moteurs diesel de récupération, provenant de voitures ou camions.  

Ces moteurs sont en général montés avec l'embrayage et la boîte de vitesse. Un échangeur de température est fixé de part et d'autre de la coque pour le refroidissement de l'eau du circuit. Sur les très grosses barca, notamment celles qui pêchent le thon, il n'est pas rare de voir plusieurs moteurs et plusieurs lignes d'arbre. 

Il existe encore quelques" banca", uniquement à voile, pour promener des touristes, ou pour participer à quelques régates réservées.