La Côte d'Ivoire, ce n'est pas seulement le football et la belle victoire des Elephants lors de la dernière Coupe d'Afrique des Nations en Guinée Equatoriale. Le pays est aussi actuellement en train de juger les pro-Gbagbo suite aux violences électorales survenues après l'élection contestée d'Alassane Ouattara en 2010. Cette élection avait suscité beaucoup de remous à l'époque des faits. L'épouse de l'ex-président n'a pas accepté cette victoire et la défaite de son mari. Et elle a été arrêtée en 2011 pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Ce lundi, devant la Cour d'assises d'Abidjan et après trois ans de détention, où elle a donc été réduite au silence, elle s'est exprimée pour la première fois publiquement. Sa détermination n'a pas changé. Et elle s'est montrée bien combative pour faire valoir ses droits. « Je ne sais toujours pas pourquoi je suis là ! », a-t-elle lancé. « On m'accuse de tueries mais qu'on m'apporte des preuves ! ». Sûre de ses arguments, elle s'est en fait lancée dans un long monologue. Visiblement heureuse de pouvoir dire sa vérité.

Aucune chance de condamnation

Simone Gbagbo n'a pas changé son discours. Elle refuse toujours de reconnaître la victoire de Ouattara, le grand rival de son époux, et dénonce l'ingérence française pendant la crise postélectorale. Sa défense ne comprend pas non plus les faits qui lui sont reprochés. « Concrètement, qu'est-ce qui lui vaut d'être ici ? », explique son avocat Jean-Serge Gbougnon. « Ce ne sont que des supputations. Il n'y a aucune chose qui a été commise qui peut être considérée comme une infraction. Si le droit est dit, il n'y a aucune chance qu'il y ait condamnation », poursuit-il. La ligne de défense est clairement bien choisie.

Son adversaire, l'Etat ivoirien, a lui bien des reproches à formuler à l'encontre de Simone Gbagbo. Des questions lui sont notamment posées sur ses discours et ses meetings, lors de l'après-élection, qui ont incité à la violence et qui lui ont valu son arrestation en 2011. Elle ne semble pas perturbée pour autant et affiche un sourire qui en dit long sur la confiance qui l'habite dans ce procès. Il faudra attendre une quinzaine de jours pour connaître le verdict. Bien des personnes ont déjà été jugées dans cette affaire. Et Simone Gbagbo est la dernière des 83 pro-Gbagbo à être entendue par la justice dans ce procès historique pour la Côte d'Ivoire.