Le mercredi 4 février, un avion de la compagnie taïwanaise Transasia Airways a heurté un pont routier à Taipei. A bord, se trouvaient 58 personnes. L'accident de l'ATR 72-600 a causé la mort de 40 passagers suite à une panne de moteur.

Aujourd'hui l'affaire rebondit. Il s'avère que le pilote, qui avait été glorifié, dans un premier temps, pour avoir évité des immeubles et dirigé l'appareil vers une rivière, est bel bien tenu comme responsable du crash. L'examen des boîtes noires révèle qu'il aurait coupé par erreur le seul moteur de l'appareil qui fonctionnait. Au moment des faits, il a tenté de le faire repartir mais en vain. Vraisemblablement par manque de temps.

Suite à cette constatation, la civile #Aviation administration (CAA) - l'organisme de tutelle de l'aviation civile taïwanaise - a cloué au sol les 71 pilotes de la compagnie. Ils ne pourront reprendre leur activité qu'après avoir passé un test de compétence. Le contrôle de l'aptitude et notamment de la conduite à tenir en cas de pannes moteur, est bien évidemment au programme de ce test.

Sur les 49 premiers pilotes ayant déjà passé le test, 10 ont, dors et déjà, été recalés et suspendu de vol. Ils sont jugés incapables de pouvoir gérer une panne moteur. Un résultat qui fait froid dans le dos. Ils devront retourner sur les bancs du simulateur de vol, avant de pouvoir s'asseoir à nouveau dans un cockpit d'un avion de ligne. Près de 25% des pilotes ne sont pas au niveau. La compagnie n'en est pas à son premier coup d'essai. En effet, elle a déjà reçu un précédent rappel à l'ordre. Ce contrôle systématique n'est pas rare suite à un problème majeur. Rappelons qu'Air France l'avait fait après la disparition du vol Rio-Paris en 2009.

Les fabricants d'avions ont des normes très strictes à respecter lors de la conception d'un aéronef, par exemple. Un appareil doit pouvoir décoller et voler avec un moteur en panne. Cela fait partie du cahier des charges. Si le pilote, par manque de compétences, coupe le moteur en fonction ou fait une mauvaise manipulation, son appareil va droit au crash. Le pilote reste un être humain, donc faillible. Les impasses sur sa formation et le contrôle de ses compétences relèvent de la responsabilité des compagnies.

Le trafic aérien est en plein boom en Asie et particulièrement dans le sud-est. De ce fait, il convient de s'assurer que les différents acteurs concourant à la réussite d'un vol soient tous au niveau minimum requis par la réglementation internationale. Le récent crash de l'Airbus d'Airasia prouve que le contrôle aérien, Indonésien en l'occurrence, est suspecté de graves manquements.

Si les officiels locaux ont du mal à le reconnaitre, il est étrange qu'un nombre, non négligeable, de personnes travaillant au contrôle aérien soient mutées à d'autres postes sans aucune explication dans les semaines qui suivent. Ce qui ressemble quand même à un aveu de faiblesse.

Désormais, ce sont les pilotes de Transasia, qui ne se révèlent pas au top...