Le caricaturiste Bonil est maintenant davantage connu pour ses problèmes judiciaires que pour ses aptitudes créatives en Équateur. Lundi 9 février dernier, le dessinateur a été accusé de discrimination pour avoir fait un montage mal accueilli des populations noires de Quito. Pendant plus de deux heures, le dessinateur a comparu dans la capitale où il a justifié son dessin.

Par ailleurs, l'année dernière, l'Équateur avait passé une loi pour resserrer le contrôle des médias du pays. Depuis, Bonil en est à sa deuxième poursuite. Il y a un an, en 2013, ses créations avaient déjà déplu au #Gouvernement!

Cette situation lance le débat sur la liberté d'expression en Équateur.

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Pendant sa comparution, des dizaines de personnes sont venues supporter l'individu. Toutes vêtues de t-shirts blancs avec des imprimés "Yo soy Bonil - Je suis Bonil", qui rappelaient ceux du célèbre "Je suis Charlie". La population appuie sans aucun doute le dessinateur.

Si les autorités judiciaires reconnaissaient Xavier Bonnilla, dit Bonil, coupable, il sera dans l'obligation de changer son dessin et le journal pour lequel il travaille, El Universo, recevra une amende pouvant atteindre les 90.000 dollars. C'est énorme dans un pays où la pauvreté est très présente.

Dans cette accusation, les organisations afro-équatoriennes ont souligné le caractère racial des images, en s'attaquant ensuite à l'aspect socio-économique.

Le président Correa est souvent contesté par les médias de l'Équateur pour sa loi.

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En outre, les relations sont tendues entre le gouvernement et les journalistes. Le président ne se gêne pas pour utiliser son arme quand les publications ne lui plaisent pas.

Ainsi, le dessinateur Bonil fait figure de porte-étendard afin de promouvoir la liberté de presse dans ce pays d'Amérique du Sud. L'organe administratif chargé de l'enquête rendra sa décision d'ici quelques jours. Mais il est évident que lorsque le gouvernement prend une position partielle et se donne un droit de regard sur les articles journalistiques et les caricatures, il est difficile de pouvoir parler de saine démocratie. #Président de la République #Journalisme