Les #Etats-Unis ont programmé la reprise de Mossoul pour le printemps prochain. Mais des voix s'élèvent au sein même de l'armée, mettant en doute la faisabilité de cette opération dans l'état actuel des choses.
Pour passer du vœu pieux à la réalité, cela risque d'être sérieusement compliqué.

Un clivage historique



Le premier problème, qui en fait est le plus important car débordant largement le cadre de cette future bataille, est la rivalité sunnite/chiite. C'est la raison principale de tous les maux passés, présents et futurs. 

La majorité des hommes formant la nouvelle armée irakienne sont des chiites. Au vu de la profonde antipathie opposant les deux mouvances de l'islam, il est quasi certain que les hommes ne seront pas vraiment pressés d'aller se faire trouer la peau pour libérer des sunnites, dans une ville qui, si elle est se retrouve débarrassée de l'EI, restera une ville sunnite...
Comme le souligne le journal The Daily Best, "voir des forces chiites rentrer à Mossoul et potentiellement ravager une ville sunnite dans l'espoir de la sauver, pourrait être vu différemment par les sunnites irakiens et plus largement dans le monde sunnite. Les tensions sectaires sont très ancrées et particulièrement en Irak." C'est l'équation insoluble de l'Irak depuis sa création.

#Etat Islamique #Terrorisme

La situation sur le terrain

Mossoul est la seconde ville d'Irak après Bagdad, comptant près de 3 millions d'habitants. L'État islamique en a fait sa capitale de fait. Sa possession est psychologiquement d'une grande importance. Ils l'ont fortifié en creusant un fossé profond, tout autour de la ville, murant des entrées. Ils ont fait sauter un pont sur le Tigre, c'est devenu une véritable citadelle.
Contrairement à Kobané, Mossoul a toujours ses habitants, même si les chrétiens ont été obligés de fuir. Cela rend les bombardements aériens très problématiques, à cause des civils. Daesh est très fort en communication et ne manquera pas de nous montrer, images à l'appui, les "méfaits des raids", quitte à tuer eux-mêmes quelques civils de plus pour augmenter l'impact. Ils vont utiliser le bouclier humain au maximum.
Il aura fallu près de 120 jours aux forces kurdes au sol pour reprendre Kobané, désertée par une majorité de ses habitants à cause des raids aériens de la coalition.
Alors Mossoul... La situation n'est pas simple, avec ses habitants à l'intérieur de ses murs. Daesh est bien en place, très motivé, et les terroristes ont le temps de se renforcer d'ici au printemps si besoin est.
Va-t-on revenir aux sièges du Moyen Âge, ou plus récemment à celui de Stalingrad ? 
Les grands stratèges du Pentagone possèdent-ils dans leurs cartons une solution plus simple à mettre en œuvre pour commencer les opérations au sol? On peut toujours espérer....