La nouvelle équipe gouvernementale mise en place devra rassurer une Europe et des marchés financiers inquiets. Georgios Katrougalos, ancien député européen, a été nommé Ministre chargé de la Réforme administrative. Il dresse les enjeux de la nouvelle équipe dirigeante et tente de rassurer les nombreux sceptiques. « Le peuple grec a le droit de retrouver sa dignité. Des lois votées par le Parlement et révoquées par la troïka, ça ne peut plus arriver. Nous ne sommes pas des nationalistes, nous sommes des gens de gauche », indique-t-il. « Le système politique grec était corrompu et il a craqué sous le poids des politiques d'austérité. Cette victoire est une nécessité historique pour la Grèce mais aussi pour l'Europe. C'est le moment du changement ».

Publicité
Publicité

Tiens, tiens une fin de discours déjà entendue quelque part…

Faire payer aux riches

La troïka avait imposé des mesures drastiques à la Grèce, comme la suppression de 15 000 fonctionnaires. Les nouveaux dirigeants n'acceptent pas ces coupes dans l'administration et veulent réembaucher. « C'est une question de justice sociale. L'administration a besoin de réformes profondes contre le clientélisme. Il faut une fonction publique efficace avec la coopération des fonctionnaires ». Avant la crise, 900 000 fonctionnaires travaillaient en Grèce. Ce chiffre est actuellement passé à environ 600 000. « Cette réduction a été imposée de façon anarchique. Dans certains secteurs, il en manque pour assurer un fonctionnement régulier », souligne le Ministre. Pour y parvenir et assurer un certain équilibre budgétaire, l'équipe gouvernementale a déjà des idées en tête. « Nous ne voulons pas créer une nouvelle dette. Il faut faire payer aux riches qui n'ont pas souffert de la crise. Nous allons faire face à la fraude et à l'invasion fiscale pour trouver l'argent nécessaire ».

Publicité

Alexis Tsipras a clairement fait comprendre qu'il n'était plus question de négocier avec la troïka. Jean-Claude Juncker ne l'enverra d'ailleurs pas dans le pays. Dès lors, avec qui trouver une solution équitable ? « La troïka n'a pas le pouvoir de prendre des décisions. Nous voulons un nouvel accord avec les organes compétents comme le Conseil et le Parlement européens ».

Contre les sanctions russes

Pour deux sièges, Syriza n'a pas obtenu la majorité absolue. Le parti devra donc gouverner en coalition avec les Grecs indépendants, un parti anti-immigré et anti-européen. Inquiétant ? « C'est clair que ce n'est pas l'allié idéal », souligne Georgios Katrougalos. « En ce qui concerne l'économie et l'austérité, nous avons des positions semblables. Sur l'immigration, c'est différent. C'est pourquoi le Premier Ministre a nommé comme Ministre de l'immigration une personne très active pour le droit des réfugiés ». Quant au chaud dossier européen sur la Russie, Syriza a montré son soutien à Moscou.

Publicité

« Nous ne soutenons pas l'annexion de la Crimée mais nous sommes contre les sanctions que nous jugeons inefficaces. Le bras de fer entre la Russie et l'UE n'est pas bon. Nous voulons que l'Europe conserve de bonnes relations avec la Russie », indique encore celui qui espère que la victoire de son parti donnera des ailes à d'autres en Europe. « Nous espérons agir comme un catalyseur en commençant par les pays du sud comme l'Espagne avec Podemos. Mais nous voyons que partout en Europe, les sociétés ne tolèrent plus l'austérité. Il faut changer tout cela et revenir aux racines sociales de l'Europe », conclut Georgios Katrougalos. #Union Européenne