Pour la première fois, la présidente de l'Argentine Cristina Kirchner fait face à une manifestation de masse. Son peuple lui a indiqué clairement son mécontentement en marchant en silence dans les rues de plusieurs grandes villes du pays en mémoire de l'ex-procureur général, Alberto Nisman. Le 18 février restera une journée silencieuse qui indique à la présidente qu'elle est en eaux troubles.

La mémoire du procureur Nisman a été honorée par des milliers de supporters. Ce dernier était sur le point d'accuser Cristina Kirchner d'entrave à la justice dans un attentat antisémite lorsqu'il se serait suicidé à moins de 24 heures du dépôt des chefs d'accusation.

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C'est une véritable marée humaine qui a marché entre le Congrès argentin et le siège de la présidence à Buenos Aires malgré la pluie battante. L'appel effectué par les six procureurs généraux du pays a été bien reçu par la population. Au devant de ces milliers de personnes, la femme et les deux filles du défunt étaient suivies de membres importants de la communauté juive d'Argentine.

Sur plusieurs affiches, les manifestants avaient écrit, « Je ne pleure pas pour Nisman, je pleure pour toi, Argentine ». On peut sentir que le peuple est fatigué des mensonges, fatigué de la politique du silence. Ils veulent la vérité, n'est-ce pas ce pour quoi sont payés les dirigeants?

En réaction, la présidente a mentionné que cette marche avait des allures de « putch » et n'avait pas d'autres buts que de vouloir impliquer l'Argentine dans les conflits au Moyen-Orient.

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Dans une adresse à la nation, elle a dit au peuple de « bien ouvrir les yeux. Je ne parle pas de conspiration. Il s'agit d'un monde d'intérêts géopolitiques ».

Rien pour calmer la tempête. Rien pour convaincre le peuple de sa bonne foi. La confrontation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire a toujours été au cœur des problèmes de l'Argentine. Plusieurs voient en le cas d'Alberto Nisman un catalyseur pour les préoccupations réelles des Argentins quant à la transparence et l'impunité des dirigeants. Peu importe la raison, Cristina Kirchner est dans l'eau chaude et elle devra trouver des solutions pour conserver la confiance de la population.