L'organisme de défense des droits humains a ouvertement critiqué l'armée soudanaise dans un rapport rendu public ce 11 février. On peut y lire le témoignage de deux déserteurs des forces armées qui mentionnent avoir reçu l'ordre formel de violer une femme. Plus de 200 personnes de sexe féminin ont été violées dans la ville de Tabit au nord du Darfour durant le mois d'octobre 2014 selon Human Rights Watch.

L'organisme a interrogé plus d'une cinquantaine d'habitants de la municipalité de Tabit pour documenter 27 viols et 194 autres cas de très possibles viols. C'est énorme pour une ville de cette taille. Non seulement la ville est petite, mais les attaques ont lieu pendant une période de moins de 36 heures. Imaginez la situation que les femmes ont dû endurer pendant ce jour et demi!

Le rapport mentionne que « les soldats soudanais faisaient du porte à porte et violaient les femmes, s'attaquant même aux mineures ».

Les enquêtes de Human Rights Watch sont supportés par le témoignage de deux déserteurs qui ne sont pas identifiés. « Nos supérieurs nous ont forcé à violer les femmes », affirment-t-ils.

Pour l'organisme, ces viols ne sont pas des crimes normaux. Ils sont possiblement des crimes contre l'humanité « s'ils s'inscrivent dans une attaque systématique et de grande ampleur contre les civils ».

L'Organisation des Nations-Unies et l'Union africaine sont pressées par HRW pour enquêter sur ce dossier épineux. Le directeur pour l'#Afrique d'HRW, Daniel Bekele, explique que « le Soudan doit arrêter de jouer à l'autruche et permettre aux Casques Bleus et aux enquêteurs internationaux d'accéder à Tabit ».

Lors de la seule visite des forces de la paix dans le village, les soldats soudanais enregistraient les dépositions des témoins. Ainsi, ils n'auraient pas pu déclarer les viols sans avoir à craindre de lourdes représailles. Un rapport confidentiel de l'ONU vient appuyer les affirmations d'HRW. Les femmes du Soudan ont droit à leur intégrité et au respect comme tous les êtres humains.