Cette vidéo diffusée jeudi dernier par l'#Etat Islamique n'est pas aussi sanglante que les décapitations et autres immolations auxquelles le groupe terroriste nous avait jusqu'ici habitué. Mais elle est au moins tout aussi violente : les massues et les marteaux-piqueurs ont simplement remplacés les couteaux et l'essence, des statues vieilles de 3000 ans se substituant aux otages et prisonniers de guerre. Le groupe d'islamiste radical a frappé fort cette fois-ci en s'attaquant au patrimoine irakien, en démolissant des œuvres antiques datant des époques assyriennes et hellénistiques. Ces statues représentant un roi, un taureau ailé ou encore des dieux vénérés avant l'arrivée de l'islam étaient entreposées dans un musée de Mossoul, ville occupée par les terroristes depuis juin dernier.

Publicité
Publicité

Dans cette vidéo durant près de sept minutes, ils ont saccagé ces statues et autres sculptures, leur reprochant « d'encourager l'idolâtrie », ce qui serait contraire à l'islam.

« Ces statues derrière moi sont des idoles pour les peuples qui les vénéraient autrefois, au lieu de vénérer Dieu », explique même face caméra un des terroristes, qui ont d'ailleurs utilisé le slow-motion pour appuyer la dramatisation de ces scènes de vandalisme. La destruction de la culture par l'Etat islamique ne s'arrête malheureusement pas qu'aux statues : environ 8000 livres et manuscrits très rares ont été brûlés dimanche dernier en utilisant des bombes artisanales. Un méfait qui est pourtant passé presque sous silence, alors que les principales figures de la communauté internationale s'évertuent depuis ce vendredi matin à condamner ces nouveaux actes de Daesh.

Publicité

Un acte digne des nazis

C'est l'Unesco qui, la première, a réagi à cette vidéo que beaucoup qualifient de « barbare ». Dans un communiqué de presse révélé jeudi soir, sa directrice, Irina Bokova, a annoncé la tenue exceptionnelle d'une réunion de crise du Conseil de Sécurité des Nations Unies. « Cette attaque est bien plus qu'une tragédie culturelle, c'est également une question de sécurité parce qu'elle alimente le sectarisme, l'extrémisme violent et le conflit en Irak », a-t-elle déclaré. Une lettre a ainsi été envoyée à la Cour Pénale Internationale, « pour lancer une coalition internationale contre le trafic illicite des biens culturels ».

De son côté, François Hollande a également exprimé son ressentiment depuis Manille aux Philippines : « La barbarie touche les personnes et elle touche l'histoire. Ils veulent détruire tout ce qui est l'humanité », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Jack Lang, ancien Ministre de la culture et actuel président de l'Institut du Monde Arabe, n'a lui pas hésité à comparer les actions dévastatrices de Daesh à l'époque nazie.

Publicité

« Ces hommes se sont des hitlériens. Ils se comportent comme Hitler et ses sbires se comportaient à l'égard de la culture, des artistes, des livres. »

Des copies?

Si la vidéo postée témoigne bien de la destruction de ces statues, quelques doutes se posent néanmoins. Beaucoup se demandent si ces statues détruites sont réellement des originales. Assez légères que pour être poussées par un homme et assez fragiles que pour se casser en milles morceaux en un coup de massue, ces statues pourraient être des fac-similés. Si des experts en la matière ont confirmé la véracité de ces destructions, les comparant même à à la démolition des Bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan en 2001, d'autres ont révélé qu'il s'agirait en réalité pour la plupart de vulgaires copies en plâtre. La question à se poser maintenant est donc celle-ci: les terroristes de l'Etat islamique ont-ils fait exprès de démolir des fac-similés pour revendre sur le marché noir les oeuvres originales, ou ont-ils tout simplement pensé qu'il s'agissait des vraies statues? #Terrorisme