Si elle n'est pas membre de l'Union européenne, la Norvège joue pourtant un rôle très important dans le cercle polaire arctique. Avec les autres pays limitrophes, elle tente de prôner la bonne entente dans cette région du globe tant convoitée et qui a pourtant déjà vu de nombreux accords se conclure. « L'Arctique, nous y vivons et nos priorités sont la gestion responsable des ressources, la création d'emploi, la stabilité et la coopération internationale », explique Rolf Einar Fife, l'ambassadeur norvégien en France. Qui précise encore que : « quatre millions d'habitants vivent au Nord du cercle polaire arctique dont un demi million de Norvégiens ».

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La Norvège peut être considérée comme un balcon avec une vue sur ses voisins, notamment sur le continent nord-américain et le Groenland. « Nous voyons beaucoup de choses, dont les effets du changement climatique et le réchauffement de la planète », souligne l'ambassadeur. Fier d'expliquer que des accords ont déjà été signés entre certains Etats voisins. « Nous exerçons des activités depuis longtemps, bien avant l'engouement actuel. Nous avons une gestion de la pêche très efficace. Même pendant la Guerre froide avec l'URSS, nous étions d'accord sur la gestion des stocks de poissons. En 2010, nous avons également conclu un accord sur une zone maritime contestée avec la Russie. En 1973, les cinq pays limitrophes ont signé la Convention d'Oslo pour protéger l'ours polaire. Actuellement, s'il est menacé, c'est à cause de la réduction de la banquise ».

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Elaboration d'un code polaire

Les débats qui sont en jeu et suscitent parfois la polémique concernent les hydrocarbures et le transport maritime. Rappelons qu'en 2008, Total a refusé d'exploiter le pétrole sous ces hautes latitudes vu les risques possibles. « Il faut trouver une solution pour réconcilier le secteur pétrolier avec celui de la pêche. Il faut le faire de façon responsable. C'est l'un des principaux soucis des autorités norvégiennes », indique l'ambassadeur. « Un code polaire est en train d'être élaboré et il sera très contraignant pour les navires du monde qui veulent naviguer dans les eaux de l'Arctique. Il s'agit de toute une série de mesures pour accroître la sécurité maritime car les pétroliers constituent un risque de pollution ». Et la Norvège a toutes les raisons d'être attentive quand on sait que 80% du transport maritime en Arctique passe par l'espace maritime norvégien. « Il faut également dédramatiser et bien délimiter la responsabilité de chaque Etat côtier. La Norvège a fini ce travail et plusieurs pays sont également en passe de le terminer ». Quant au planter de drapeau russe dans les fonds marins en 2007, Rolf Einar Fife ne s'en inquiète guère. « C'est plutôt un exploit ! Nous avons également planté le drapeau norvégien à pas mal d'endroits. Je le répète, les points les plus importants sont la coopération internationale, le droit international, la recherche scientifique et la protection de l'environnement ».