Ils étaient nombreux au #Mexique à attendre le rapport du Comité des disparitions forcées des Nations-Unies. Ce ne sont pas seulement les parents des 43 élèves de l'école d'Ayotzinapa, située dans la ville d'Iguala, qui sont affectés. Plusieurs familles ne savent toujours pas où sont leurs enfants ou leurs proches. Les disparitions forcées, les kidnappings et les enlèvements touchent plusieurs États. Les 43 élèves ont simplement permis de mettre le phare sur la plaie qui gangrène le Mexique. Aujourd'hui, les autorités ont rendu leur rapport suite à l'audition du Mexique. Ils ne sont pas tendres.

Pour les experts, le phénomène des enlèvements est répandu dans plusieurs régions et, pour eux, le plus inquiétant est la présence des autorités policières dans bon nombre de cas. "C'est un problème sérieux au Mexique, ce n'est pas marginal", dit le Comité en pointant le cas des élèves d'Ayotzinapa. "La disparition de ces individus démontre la complexité de la situation et les manques quant à la prévention, les enquêtes et les sanctions liées aux agresseurs", ajoutait-il.

Il n'est pas normal qu'une séquestration demeure impunie. C'est malheureusement le cas de plusieurs victimes qui voient les auteurs d'enlèvement s'en tirer en achetant les autorités policières ou judiciaires. C'est particulièrement vrai dans l'État de Guerrero. "Le manque de sentences nous laisse croire que nous sommes dans la guerre sale des années 70", dit le Comité. Ainsi, dans son rapport, il impose au Mexique de rendre des comptes. Il demande aux dirigeants de tout faire pour arrêter et condamner les responsables, sans égard à leur statut social, et ce, sans délai.

Des inquiétudes ont également été émises quant au manque de données et de renseignements liés aux disparitions des personnes. Cette situation ne permet pas d'évaluer l'ampleur véritable du problème qui ne pourrait être que la pointe de l'iceberg.

L'aide internationale en route pour Ayotzinapa

En parallèle, les experts internationaux sont en chemin pour venir au secours des autorités mexicaines dépassées par les événements. La Commission panaméricaine des droits humains a envoyé des personnes du Guatemala, du Chili, de l'Espagne et de la Colombie afin de venir aider à l'enquête dans le cas d'Ayotzinapa. Ils viennent afin de mettre en place un plan d'action qui pourra aider les autorités à poursuivre une enquête.