Les mariages forcés sont encore une pratique courante dans plusieurs pays d'#Afrique. Ils ne se font pas seulement entre adultes, mais impliquent souvent des enfants, à peine entrés dans l'adolescence. Face à cette situation, le président du Malawi, Peter Mutharika, a pris position après des années de réflexions. Il a donné son accord pour interdire ces pratiques à l'intérieur de ses frontières.

Des années de débats

Dans un pays qui a de sérieux problèmes à cet égard, il était temps pour le président de prendre position, surtout lorsque cette loi fait l'unanimité au Parlement. Cette mesure est débattue depuis 2001 au Malawi, soit près de 15 ans de discussions, ce qui peut paraitre assez long pour décider si une jeune fille de 14 ans a le droit d'être mariée de force avec un adulte inconnu.

Les organismes militants pour les droits des enfants réclament cette mesure depuis très longtemps. En Afrique australe, c'est au Malawi que le nombre de mariages forcés est le plus élevé. Les associations militantes estiment que les jeunes filles âgées de 14 ou 16 ans ne sont pas en état de s'occuper d'une famille. Plusieurs d'entre elles se voit obligées de laisser leurs études avant même d'avoir atteint le niveau universitaire. Cette situation augmente les écarts d'éducation entre les hommes et les femmes dans une société déjà en manque d'équilibre.

Une interdiction relative

Malgré cette nouvelle loi, les mariages pourront être autorisés si les parents d'une jeune fille mineure consentent à son union. Une mesure exceptionnelle surprenante car s'il est dans les moeurs d'obliger les jeunes filles à se marier, peu de parents s'y opposeront.

Les sanctions prévues par le texte sont tout de même considérables pour toute personne impliquée dans un mariage avec une mineure sans le consentement des parents : « Les accusés devront purger jusqu'à 10 ans de prison s'ils sont trouvés coupables », a déclaré la ministre du Genre, Patricia Kaliati. Un point dissuasif qui aura peut-être peu de force dans les milieux défavorisés mais qui marque un premier pas en avant pour les jeunes filles du Malawi.