Les tensions sont vives entre le Qatar et l'Egypte. Visiblement, le Qatar n'aurait pas apprécié que l'Egypte mène ces raids aériens en Libye, sans consulter au préalable les autres pays arabes… Dès lors, un différend diplomatique est survenu entre les deux pays, et l'ambassadeur qatari a été rappelé au Caire pour consultations.

Pour rappel, dimanche dernier, le 15 février, l'Etat islamique a diffusé une vidéo montrant l'exécution de 21 chrétiens coptes d'Egypte, qui se trouvaient en Libye pour chercher du travail et avaient été capturés par les djihadistes. La réaction ne se fit pas attendre, et l'Egypte a débuté dès le lendemain des attaques aériennes contre les positions du groupuscule terroriste en Libye.

Doha aurait vraisemblablement émis des réserves quant à la décision de l'Egypte de mener ces attaques en Libye sans consulter d'abord les autres pays arabes, au cours d'une réunion de la Ligue arabe qui s'est tenue mercredi au Caire, selon des propos d'un responsable du ministère des Affaires étrangères du Qatar. En effet, le ministère aurait insisté sur "la nécessité de consulter les autres pays avant d'entamer toute action militaire unilatérale contre un autre Etat membre de la Ligue arabe".

Tarek Adel, ambassadeur de l'Egypte au sein de la Ligue arabe, a vivement critiqué ces propos, accusant même l'émirat de soutenir le #Terrorisme et de s'isoler depuis quelques temps des autres pays arabes.

Des tensions de longue date

Le Qatar et l'Egypte démontrent, par ce différend, que les tensions sont toujours bien présentes entre les deux pays. Au mois de décembre dernier, ils avaient tenté de mettre sur table une réconciliation, après environ un an et demi de relations tendues. L'Egypte reprochait à Doha son soutien aux Frères Musulmans, une confrérie considérée comme une organisation terroriste par notamment l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis. En effet, le Qatar était un allié du président égyptien Mohamed Morsi, membre du parti islamiste, qui fut évincé du pouvoir en juillet 2013. Cependant, ce rapprochement effectué en décembre fut visiblement de courte durée, comme nous pouvons le constater aujourd'hui.

Par ailleurs, les monarchies du Golfe ont toutes soutenu aujourd'hui le Qatar dans cette querelle diplomatique avec l'Egypte. Elles rejettent les accusations de soutien au terrorisme, émises par Tarek Adel.

Abdellatif al-Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a affirmé que "ces accusations sont infondées et ignorent de la sorte les efforts mis en œuvre par le Qatar pour lutter avec les autres pays arabes contre le terrorisme et l'extrémisme".

Le chef du CCG a ajouté, en outre, que ces déclarations de l'Egypte surviennent à un moment où la solidarité entre les pays arabes devrait être à son niveau maximum. Cela étant donné la menace djihadiste qui pèse et menace la sécurité et la stabilité de tous les pays arabes… #Etat Islamique