Après le sort atroce réservé à son pilote par l'Etat Islamique, la Jordanie ne se contente pas de l'exécution des deux terroristes condamnés à mort pour riposter.

Mettant à exécution les menaces annoncées, elle porte désormais ses attaques sur deux fronts.

Militairement en intensifiant les raids aériens : 56 en 3 jours... Ils annoncent avoir atteint tous leurs objectifs !

Psychologiquement, en libérant le maître à penser d'Al-Qaïda, Issam Barkawi, farouchement opposé à la création du califat, qui a donné de nombreuses interviews aux principaux médias Jordanien, condamnant l'Etat Islamique.

Les Emirats Arabes Unis, qui avaient décidé de retirer leurs avions de la coalition la semaine passée, annoncent qu'ils envoient une escadrille à Amman pour renforcer les frappes.



La Jordanie, ce petit de pays de six millions d'habitants, coincé entre des voisins très turbulents, traverse depuis sa création de nombreuses situations difficiles.

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Elle a su malgré tout préserver son intégrité territoriale, en dépit de quelques bémols.

Hussein de Jordanie, le père du roi Abdallah II, avait réussi à maintenir une certaine stabilité dans son pays, en dépit des nombreux conflits et coups d'État agitant ses voisins.

Lors de la guerre du Koweït, il avait été le seul à se ranger au coté de Saddam Husseim à la grande colère des Américains. Quand on voit ce qu'il est advenu de la région depuis, il n'avait peut-être pas si tort que cela...

Le roi Abdallah II paraît aussi déterminé que son père, qui avait su faire preuve d'une très grande fermeté dans le conflit l'opposant aux Palestiniens en 1970 pour chasser les groupes armés du pays.



Ayant comme ami et allié les États-Unis, cela facilite un peu. Les Américains, eux, ont besoin d'avoir un allié stable, sans danger, dans cette région en conflit perpétuel.

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La base aérienne d'Azraq est une tête de pont pour eux au Moyen-Orient.



Le souverain va avoir besoin de toute son énergie pour résoudre le défi qui risque rapidement de lui être imposé.

Si la frontière avec l'Arabie Saoudite est a priori la plus calme, celle avec la #Syrie où des milliers de réfugiés continuent d'affluer pose militairement pour l'instant peu de problèmes. Mais il n'en est pas de même avec celle de l'Irak...

C'est la frontière de tous les dangers, ils ont déjà hérité de nombreux réfugiés, mais c'est maintenant et surtout dans un avenir proche que les risques sont importants.



On parle en effet d'une prochaine offensive terrestre des forces irakiennes appuyées fortement par les avions de la coalition et probablement par de «nombreux conseillers formateurs» au sol.



En cas de succès, ce que l'on peut souhaiter, au fur et à mesure de la perte de terrain, l'E.I. cherchera une position de repli. La Jordanie peut devenir la solution pour Daesh, comme les Palestiniens l'avaient déjà fait avant 1970.

L'armée jordanienne est-elle en mesure de faire face à cette éventualité? En se référant au passé, il est permis de penser que oui, avec un peu d'aide.

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#Terrorisme