Les autorités mexicaines vivent une grave crise de confiance au sein de leur population liée au cas des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa dans l'État de Guerrero. Dimanche dernier, une autre tuile est tombée sur la tête du gouvernement pour démentir la version officielle qu'il défend. Les médecins légistes indépendants venus d'Argentine ont trouvé des irrégularités dans l'enquête qui sont troublantes et les ont partagées avec la presse en soirée.

Les experts argentins ont critiqué vivement le fait que le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, ait affirmé « avoir une certitude légale que les corps retrouvés soient ceux des 43 étudiants ».

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Il s'avèrent qu'une prothèse dentaire était dans les restes bien qu'aucun élève n'en possède

La version considérée comme une vérité historique par les autorités mexicaines dit que les élèves ont été enlevés par les trafiquants de drogue, ensuite incinérés à Cocula, dans l'État de Guerrero, et que leurs restes ont été envoyés dans une rivière.

Le rapport de l'équipe d'anthropologues fait 16 pages. Il souligne qu'aucune preuve scientifique n'a été recueillie pour arriver à ces conclusions. Le groupe d'experts n'excluent pas cette possibilité, « mais il n'y a rien qui nous permet de l'affirmer, on ne peut fermer l'enquête en se basant sur des suppositions ».

Les experts ajoutent que « la valeur des témoignages est peu crédible » dans un pays où les aveux sont obtenus suite à de fortes pressions.

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Le groupe a relevé des incongruités dans 20 des 134 profils génétiques étudiés et des photos satellittes montrent de nombreux incendies au cours des dernières années à Cocula. Ainsi, ils mentionnent " ne pas pouvoir faire une relation directe entre les restes et les étudiants ". « Ce pourrait être les restes de n'importe quelle personne », disaient-ils.

Les autorités mexicaines aimeraient bien refermer cette enquête. Mais la population du #Mexique veut des résultats et de la transparence. Le cas d'Ayotzinapa est devenu un cheval de bataille pour plusieurs personnes dont bien évidemment les parents des victimes qui ont témoigné à Genève la semaine dernière devant le Comité des disparitions forcées.