Une semaine après le bain de sang à Maguindanao aux Philippines, dans ce champ de maïs, au bord de ce qui devrait être un paisible cours d'eau, servant à l'irrigation des rizières, tout le monde est encore sous le choc...

Les images des policiers morts, auxquels les assaillants ont retiré, treillis et rangers (les forces spéciales ont un équipement vestimentaire très inspiré des séries américaines). Cela souligne bien, l'ambiance plus que tendue, régnant dans cette région Islamique très pauvre, de l'ile de Mindanao. 

Minée par 70 ans de conflit entre les groupes rebelles locaux et les forces gouvernementales, avec des milliers de morts à la clef, cette région pose problème.
Le gouvernement et le «Moro Islamique Libération Front», représentant le plus grand groupe rebelle, ont signé un accord de cessez-le-feu en Mars dernier, avec pour objectif, la création d'un territoire autonome islamique, dans le territoire Moro. Après les évènements de la semaine passée, la question était de savoir si le processus allait se poursuivre, ou devait être suspendu.
Les négociateurs des deux camps, sont réunis à Kuala Lumpur en Malaisie, avec les observateurs Internationaux chargés de suivre ce dossier. Tant l'émissaire de Manille que celui du MILF , font le maximum d'efforts, pour remettre le processus sur les rails, un accord de désarmement a été signé jeudi...
Mais la décision finale de poursuivre ou non, reste entre les mains du président Benigno Aquino III, qui doit faire face à une situation de crise jamais connue.

Le clash des «spécial forces» du PNP, n'a pas fini de poser des questions sans réponses pour l'instant. De nombreux dysfonctionnements, à commencer par le chef de la police mis à pied pour 6 mois, avant cette tuerie, pour "corruption", continuant néanmoins à habiter le camp de la police et surtout à la diriger...  #Terrorisme

L'opinion publique paraît favorable à un arrêt des négociations. Mais Miriam Corornel-Ferrer, chef de la délégation du gouvernement de Manille, déclare au sujet de la reprise des négociations:"une autre alternative serait simplement impensable".
Marge de manœuvre étroite pour le président, car le risque de troubles graves en cas de non-application des accords est grand ! Si le MILF est le plus grand groupe rebelle, il n'est pas le seul, le BIFF n'en fait plus partie, mais si il est bien islamique, il n'est pas pour l'instant radical.
En revanche, le groupe Abu Sayyaf, lui est islamique radical et allié de l'État islamique auquel il a fait allégeance l'année dernière. Il avait fait sécession avec le MILF. C'est un groupe très actif, qui commet beaucoup d'attentats à la bombe. Il est opposé aux accords en cours de discussion.
Après l'allégeance d'Abu Sayyaf à l'EI, le MILF avait déclaré vouloir le combattre, craignant de le voir, faire capoter les négociations.
En cas d'arrêt de celles-ci, le risque est grand de voir la région s'embraser à nouveau avec un fort mouvement vers les éléments les plus radicaux.
Avec les nouvelles exécutions d'otages par l'EI, cette perspective ne réjouit personne, en tout cas pas les nombreux étrangers vivants aux #Philippines et notamment à Mindanao.
Le président Aquino est donc pris entre son opinion encore sous le coup du désastre et une certaine logique, qui serait de mettre fin à ce conflit, qui n'a que trop duré. Libérant des forces pour tenter d'éradiquer les autres groupes avec l'aide du MILF.
Finalement le moment est peut-être venu pour le MILF, compte tenu de sa part de responsabilité, dans les évènements de samedi dernier, de faire des concessions qu'il n'aurait pas faite avant... L'enjeu dépasse largement le plan local. Tout renforcement de la mouvance État islamique, est dangereux pour l'ensemble des pays occidentaux