Arrêté et inculpé ce mardi, l'actuel bourgmestre de Waterloo, Serge Kubla (MR) a passé une première nuit en prison. Il doit désormais s'expliquer sur des faits de corruption liés à des activités financières du groupe sidérurgique Duferco en République Démocratique du Congo.

L'ancien ministre wallon de l'Economie (1999-2004) est accusé d'avoir soudoyé l'épouse d'un ex-premier ministre congolais Adolphe Muzito pour le compte de Duferco. Une somme de 20.000 € est avancée. Un montant qui au premier abord peut paraître dérisoire au niveau international. Toutefois, les enquêteurs pensent qu'il ne constitue qu'une partie d'un système de corruption beaucoup plus grand.

Des petites sommes seraient en réalité versées au secteur des jeux et de la loterie congolaise.

Publicité
Publicité

Des pots de vin qui permettraient ensuite d'obtenir des avantages dans le secteur minier et sidérurgique notamment. Des secteurs qui correspondent beaucoup mieux au groupe Duferco.

Les auditions sont en cours

Inculpé officiellement pour « corruption d'une personne exerçant une fonction publique » par le parquet fédéral, Serge Kubla nie toute accusation de corruption. Se défendant depuis plusieurs heures devant les enquêteurs de la police judiciaire fédérale, sa position est néanmoins claire. Selon, l'élu waterlootois, les 20.000 € n'auraient été donnés qu'à titre d'un simple règlement de facture. De plus, il n'aurait été qu'un simple intermédiaire dans toute cette affaire. Ignorant la destination finale de cet argent.

Son avocat, Roland Forestini, qui ne pourra assister aux auditions durant toute la journée, a estimé pour sa part que son client « n'est qu'un petit poisson dans un système beaucoup plus vaste » avant d'ajouter « qu'il est impossible de faire des affaires au Congo d'une autre façon ».

Il est intéressant d'apprendre que ce même avocat connait lui-même des ennuis avec la #Justice. Il sera d'ailleurs jugé prochainement pour fraude fiscale…

Les auditions devraient se poursuivre tout au long de la journée.

Publicité

Le bourgmestre de Waterloo sera ensuite entendu demain par le juge d'instruction.

Réactions au sein de son parti, le MR

Le président du Mouvement Réformateur, Olivier Chastel a très rapidement réagi hier à la suite de l'annonce de l'arrestation de Serge Kubla. Une réaction qui a le mérite d'être claire : « Je demande à Serge Kubla de remettre son mandat de bourgmestre à la disposition du MR. Ce qui par ailleurs lui permettra d'assurer sereinement sa défense".

Une réaction qui a été jugée trop rapide par certains membres du MR, ces derniers estimant que la décision devait venir de Serge Kubla en personne et que tirer des conclusions était encore prématuré.

Quoi qu'il en soit, à la maison communale de Waterloo, c'est le branle-bas de combat. Le collège communal devra débattre en urgence de la question de la future succession de Serge Kubla. Qu'elle soit temporaire ou pas.

Et à ce petit jeu-là, deux solutions se profilent : Yves Van der Cruisen en sa qualité de 2e échevin ou Florence Reuter, la 1er échevine de Waterloo.

Publicité

Seulement voilà, si Florence Reuter devrait avoir la priorité, elle serait auparavant obligée de quitter sa place de députée régionale afin de pouvoir s'installer dans le siège du maïeur. Discrète sur la question, l'ancienne journaliste de RTL-TVI n'a souhaité faire aucun commentaire, jugeant la question elle aussi prématurée !

Une ancienne ITW interpelle

Evoquée par l'avenir.net, une ancienne interview de l'homme fort de Waterloo refait surface avec cette arrestation. Elle date de décembre 2013, à un moment où Serge Kubla se prépare à quitte le Parlement wallon. Une interview dans laquelle il évoque son avenir professionnel, son avenir politique et les élections à venir. Il y parle également de l'Afrique.

«Il y a un continent, l'Afrique, qui me fascine. Mais qui, malheureusement, est compliqué au niveau des relations, des accès et de la stabilité juridique. Mais sinon, c'est un pays, un continent qui aura un grand avenir.

À la question « C'est un territoire où vous pourriez faire des affaires?», l'ancien ministre wallon de l'Économie répond: «Je ne suis pas un investisseur capable de sortir des gros moyens quand j'entreprends. Mais peut-être faciliter certaines choses, rencontrer l'un ou l'autre…" 

Des mots qui peuvent résonner d'une toute autre façon aujourd'hui mais qu'il faut évidemment considérer avec prudence !

Rappelons enfin que du côté de Waterloo, on se serait bien passé d'une telle publicité et d'un tel séisme à presque trois mois de la célébration du bicentenaire de la célèbre bataille !  #Belgique