Après le viol et l'assassinat d'une étudiante universitaire il y a environ une semaine, la colère monte en Turquie. Özgecan Aslan, une étudiante de 20 ans violée, assassinée et puis brûlée, a été retrouvée vendredi 13 février dans le lit d'une rivière, à proximité du quartier Tarse de Mersin sa ville natale, dans le sud du pays. Ce drame a directement déclenché de nombreuses manifestations dans le pays, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés dans les plus grandes villes du pays pour lutter contre la violence envers les femmes.

Vêtus de jupes, des hommes ont protesté hier, samedi 21 février, au cœur de la ville d'Istanbul. Ils ont voulu dénoncer le viol et l'assassinat de l'étudiante, qui par ailleurs a provoqué une vague de colère en #Turquie au cours de la semaine qui s'est écoulée après ce meurtre. Les manifestants se sont rassemblés, sous les regards curieux des passants, sur la grande rue piétonne menant à la place de Taksim.

La police avait été mobilisée pour encadrer la manifestation qui a été organisée par un collectif sur les réseaux sociaux afin de dénoncer le violent assassinat d'Özgecan Aslan et de soutenir les femmes. L'un des participants à la manifestation a déclaré: "les femmes subissent de la violence, cela fait du mal à la société en entier". Un autre manifestant a indiqué qu'"ici, les femmes ne sentent pas libres, et bientôt, les hommes aussi ne se sentiront plus libres non plus".

Selon le récit de la presse locale, la jeune femme a été violée puis tuée avec des coups de barre de fer par trois hommes, à savoir le chauffeur du minibus qui la ramenait de l'université à son domicile et deux complices.

Hier aussi, des centaines de manifestants ont défilé à Besiktas, l'un des quartiers de la ville d'Istanbul, afin de dire non à la violence frappant les femmes.

40% des femmes sont victimes de violences conjugales

D'après des associations féministes, les meurtres de femmes ont visiblement augmenté ces dix dernières années pour atteindre près de 300 cas en 2014. Un autre rapport réalisé par le ministère de la famille a estimé à 40%, le pourcentage du nombre de femmes victimes de violence de la part de leur mari ou d'un autre membre de leur famille.

Directement mis en cause, le gouvernement a promis de punir les auteurs des faits. Le président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, a dénoncé lundi passé les critiques et espère que les assassins présumés de l'étudiante recevront la peine la plus sévère.