Des milliers de personnes indignées sont descendues dans les rues pour manifester contre le meurtre de l'étudiante Özgecan Aslan qui a d'abord été violée, ensuite tuée et finalement brûlée. Elle était à peine âgée de 20 ans. Ces gestes sont la goutte qui a fait déborder le vase pour les opposants au régime islamique et conservateur en place. D'ailleurs, les manifestants ont accusé les politiciens de fortes négligences.

Ainsi, depuis vendredi, hommes et #Femmes sont descendus dans les rues des principales villes de #Turquie pour dénoncer la recrudescence de la violence faite aux femmes. Les citoyens, suite à la découverte du corps à Mersin, clament haut et fort leur volonté de vivre dans un pays égalitaire.

Les associations féménistes de la Turquie ont donné à ce cas une valeur phare. Sur Facebook, les messages affluent et les groupes appellent toutes les femmes à sortir du silence et à dénoncer les actes violents dont elles auraient été victimes en utilisant le mot-clé "sendeanlat", signifiant "toi aussi raconte" en turc.

Le présentateur des nouvelles de CNN-Turquie s'est joint à la cause portant du noir. "C'est un crime ignoble, je suis un homme et j'ai honte", déclarait-il à la presse. La jeune étudiante de 20 ans avait été portée disparue le 11 février dernier pour ensuite être retrouvée morte dans une rivière de sa ville natale.

Meurtre gratuit et violent

Selon la version officielle, ce meurtre est d'une gratuité et d'une violence qui sont difficiles à comprendre. Le chauffeur de l'autobus qui ramenait la jeune femme de l'université à sa maison aurait violé, et ensuite battu à coups de barre de fer Özgecan Aslan, en étant aidé de deux complices. Quelle raison justifie un acte de la sorte? Si la faim justifie les moyens, la faim de quoi peut justifier autant de violence?

L'opposition attribue la violence à la religion

La hausse de la violence faite aux femmes a été attribuée à la morale religieuse du parti au pouvoir par l'opposition qui est sociale-démocrate. Le président Recep Tayyip Erdogan avait fait une sortie publique il y a quelques temps disant que "l'égalité entre les hommes et les femmes était immorale". Facile de faire des liens. La seule ministre féminine, Aysenur Islam, a indiqué "désirer le rétablissement de la peine de mort pour ce type de crime". Une réaction qui n'efface pas le fait que la violence envers les femmes a nettement augmenté en Turquie au cours des dernières années et Özgecan Aslan est le phare pour mettre à jour ce fléau.