Il y a de cela 5 ans, quand le gouvernement a annoncé vouloir construire la mosquée chère au président algérien, un peu moins de 2.5 milliards de dollars étaient prévus. Depuis lors, le budget a explosé et les retards s'accumulent. Peu de projets échappent au retard de réalisation en #Algérie. Et le report d'un an, pour la finition du plus haut minaret du monde et de la troisième plus grande mosquée du globe, première d'Afrique par sa superficie, n'est pas une exception.

Finalement, les Chinois, pour un peu plus d'un milliard, raflent la réalisation de cette faramineuse infrastructure. La « China State Construction Engineering Corporation », qui a des centaines de travailleurs vivant sur place dans des logements préfabriqués, livrera les clefs de l'édifice en 2016.

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Aussi bien l'étude, fournie par des architectes allemands, que l'exécution des travaux, sont faits par une main-d'œuvre étrangère. De quoi se demander où est la fierté nationale ?

Sur la baie Est d'Alger, l'édifice commence à sortir de terre. Malgré les protestataires qui ont dénoncé la dilapidation des ressources du pays, le chantier avance inexorablement. Parmi les défiances à ce controversé ensemble urbain, on retient le prix. La même enveloppe financière permettrait, selon nombreux connaisseurs du déficit d'infrastructures en Algérie, l'ouverture d'une vingtaine d'hôpitaux ou de quarante lycées.

Cette prédation des revenus du pays se détourne de la mise en valeur les terres sahariennes ou bien de la continuité de la lutte contre la déforestation. Le gouvernement aurait pu songer à l'industrialisation, au regard des plus de 16% de chômeurs en Algérie.

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Les voix contraires se taisent et le chantier avance

Toujours par comparaison, l'entretien des matériaux précieux (marbre, cuivre et autre nickel) dont est fait l'édifice, vaudrait bien un budget. Pour un site attendant des visiteurs, sa conservation exige sa maintenance. Le complexe tentaculaire de bâtiments abritant une école coranique, une bibliothèque, un musée (au contenu qui reste à deviner), des terrasses et des jardins, peut accueillir quotidiennement 15 000 personnes qui accèdent par voiture, tram et même en bateau.

En outre, le poids d'une pratique religieuse politisée dans la dernière crise d'insécurité vécue par le pays, acquiert ce mémorial plaidant davantage le culte des intolérances qu'une piété apaisée. 

C'est « un monument à l'#Islam et aux martyrs de la révolution », selon les bureaucrates. Or c'est en hommage au règne de Bouteflika qu'elle est construite. Un autre argument propre au nationalisme dissonant avec les besoins primordiaux de la population, cite une rivalité de l'Algérie avec son voisin, le Maroc.

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La nouvelle mosquée d'Alger dépassera légèrement la Mosquée Hassan-II à Casablanca, à la fois par sa dimension que par la hauteur de son minaret.

Parmi les points pertinents des détracteurs de ce toupet, l'impuissance de l'État pour contrôler les milliers de mosquées cédées aux clercs qui fomentent le terrorisme, tel un éclatant renoncement aux intérêts suprêmes du pays. Ce quartier islamique rajoute une tribune aux prêcheurs qui menacent et offensent leurs concitoyens et l'ordre républicain. Un bonus au fanatisme qui a failli mettre à genoux l'Algérie...