Désormais, les pouvoirs exécutifs et législatifs (même si indirectement pour ces derniers) sont entre les mains d'un comité révolutionnaire. Le coup d'État mené par les houthis chiites signe la fin d'une transition politique qui, depuis 2012, est sérieusement menacée. La peur règne aujourd'hui dans ce pays à majorité sunnite dont l'unité est très fragile…

Hier, mardi 10 février, les miliciens chiites, dit houthis, ont mis en garde ceux qui tenteraient de déstabiliser le Yémen, ou plutôt, l'ordre que ceux-ci y ont établi. Un avertissement qui s'adresse aux Yéménites opposés à la milice d'une part, et aux différents pays qui ont condamné le coup d'État opéré d'autre part.

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Parmi ces pays, on compte notamment les États-Unis (grands alliés du Yémen), l'Union Européenne, et divers pays arabes dont les monarchies du Golfe.

Par ailleurs, les différents partis politiques du Yémen ont relancé lundi les discussions, après le blocage de vendredi dernier. Et ce, afin de tenter de solutionner cette crise qui frappe le pays. Cela, sous l'œil bienveillant des Nations Unies, et de son émissaire Jamal Benomar.

Vendredi dernier, le 6 février, les miliciens du groupe Ansar Allah ont dévoilé un décret constitutionnel comprenant 15 articles définissant l'État yéménite ainsi que ses institutions. Le premier article affirme (peut-on parler d'ironie?) que la Constitution reste en vigueur. Cependant, dans les articles qui suivent, la mainmise qu'ont les houthis est plus qu'évidente.

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Le comité révolutionnaire désormais en vigueur a pris le pouvoir et est mené par Mohammad Ali Al-Houthi, qui a, à vrai dire, endossé ce qui se rapproche du rôle de chef de l'État.

Si le Yémen n'a plus de président, de premier ministre et de gouvernement depuis le 22 janvier dernier, le parlement était encore sur pieds. "Était" car depuis vendredi dernier, le comité révolutionnaire a déclaré sa dissolution. Il sera remplacé par un Conseil national de transition, dont les membres, au nombre de 551, seront bien entendu choisis par les miliciens houthis. De plus, un Conseil présidentiel composé de 5 membres sera installé et élu par le Conseil national de transition.

La milice chiite prévoit ainsi une période de transition de deux ans, au terme desquels une nouvelle Constitution devra être établie, et des élections législatives et présidentielles organisées.

Pour rappel, ces miliciens chiites houthis, présents au sein de la capitale Sanaa depuis septembre, ont opéré un coup d'État au sein des bâtiments et institutions officiels le 20 janvier dernier, ce qui a poussé le président Abd Rabbo Mansour Hadi à quitter le pouvoir deux jours plus tard.

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Depuis lors, il n'y a plus d'autorité étatique au Yémen, et la situation se détériore.

La France, l'Angleterre, et les États-Unis évacuent leurs représentants

Ce mercredi 11 février, l'ambassade de France a invité tous les ressortissants français à quitter le Yémen tant que la situation ne s'est pas stabilisée. En outre, elle a annoncé qu'elle fermerait provisoirement ses portes dès vendredi.

L'Angleterre a fait évacuer le personnel de son ambassade et a suspendu temporairement ses activités à cause des conditions de sécurité.

Les États-Unis, quant à eux, avaient déjà pris de pareilles mesures hier.

Les sunnites de l'AQPA souhaitent à tout prix défaire les houtis

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) est la branche la plus puissante d'Al-Qaïda. Basé au Yémen, le groupuscule a rejeté le groupuscule État islamique, bien que les deux groupes soient tous deux sunnites.

Cependant, suite aux récents événements survenus au Yémen, un groupe de combattants de l'AQPA a annoncé vouloir se rallier à l'EI. Les sunnites de l'AQPA souhaitent ainsi venir à bout de la milice chiite des houtis.

Quoiqu'il en soit, cela n'augure rien de bon, et une guerre de religion est définitivement à craindre dans le monde arabe. #Etat Islamique #Islam