Cela fait plus de 2 mois que des manifestations contre le gaz de schiste se déroulent continuellement à In Salah, en #Algérie. Cette ville est la plus proche des sites de forage de gaz de schiste dans la région, elle se situe à 1.200 kilomètres d'Alger, la capitale. Ces manifestations ont commencé dès le début des forages expérimentaux. Aucune manifestation n'avait à ce jour dégénéré de la sorte.

Hier, samedi 28 février, 300 membres du mouvement citoyen anti-gaz de schiste sont allés sur les lieux du deuxième site de forage et d'exploitation du gaz du schiste de la région, détenu par la compagnie pétrolière américaine Halliburton, et situé à 10 kilomètres au nord d'In Salah pour protester.

Publicité
Publicité

Cette multinationale américaine est aussi chargée de la fracturation hydraulique. Selon des témoins oculaires, les manifestants ont brûlé des pneus pour se faire remarquer après avoir essayé de contacter la multinationale. En outre, des slogans ont été marqués sur les murs de l'établissement, indiquant "Non au gaz de schiste",  ou encore "Halliburton dégage".

La gendarmerie nationale est arrivée sur les lieux et a demandé aux manifestants de se disperser mais ces derniers étaient déterminés à rester. Les forces de l'ordre ont alors reçu des projectiles et ont répliqué par des coups et gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants vers la ville. Mais les affrontements ont continué entre les manifestants et les forces de l'ordre. Les altercations auraient fait 3 blessés graves chez les forces de l'ordre et 4 blessés chez les manifestants, ainsi que plusieurs interpellations.

Publicité

Dans la nuit, la population était encore dans la rue devant les gendarmes qui quadrillaient la ville. Ce dimanche 1er mars, la situation était encore tendue dans la ville. Les forces anti-émeutes ont empêché l'accès à la place Soumoud alors que des personnes voulaient encore converger vers ce lieu de la ville. Cette place est occupée depuis 62 jours par les opposants au gaz de schiste, les policiers ont brûlé des tentes et ont essayé de dégager la place. 

La population d'In Salah est alors sortie dans la rue ce jour pour réclamer la libération des manifestants interpellés. Ils étaient 10.000 à converger sur la place Soumoud en signe de protestation, femmes et personnes agées, hommes et jeunes de la ville. Des tensions ont éclaté entre la population et la gendarmerie qui a fait usage à maintes reprises de gaz lacrymogènes. Les autorités auraient été très violentes selon des témoins et auraient frappé et violemment réprimé des civils.  Des incidents ont aussi éclaté dans la ville voisine

Il semblerait désormais que des négociations aient été opérées entre le commandant militaire d'In Salah et un représentant des manifestants, permettant ainsi de ramener momentanément le calme et de stopper les affrontements et violences.