Le 19 mars dernier, plus d'une centaine de groupes communautaires et d'associations ont manifesté leur désaccord avec le projet de loi C-51 du premier ministre canadien, Stephen Harper. Tous ces groupes craignent une intrusion du gouvernement dans le domaine de la liberté d'expression. Plusieurs ONG et groupes défendant les droits de l'homme mentionne que « la loi du gouvernement canadien va contre les libertés individuelles des individus. »

Les représentants des groupes scandaient un message clair pendant leur manifestation. « La lutte contre le #Terrorisme doit viser les terroristes et non les adversaires politiques du gouvernement, » disaient-ils tous ensembles.

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Ce qui dérange la majorité des intervenants est la définition large de ce qui peut être une menace pour le #Canada. « Que peut-on considérer comme une menace à la sécurité nationale, une menace au Canada ou à son développement économique? Le projet de loi est beaucoup trop large et pourrait mener à des dérapages, » affirment les groupes.

La liberté de manifester est questionnée

Un exemple concret est donné pour démontrer les interprétations larges de la future loi. « Un groupe faisant une manifestation contre un oléoduc, qui est une infrastructure nationale, sera-t-il considéré comme une menace à la nation, les manifestants iront-ils en prison? » questionnent les manifestants.

Un parallèle est fait avec les actes de la Gendarmerie royale du Canada lors de la création du Parti Québécois dans les années 70 au Québec.

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« Le Canada avait peur de la montée du nationalisme québécois et avait volé des listes de membres du parti politique et avait brûlé des granges au nom de la sécurité nationale, » raconte Dominique Peschard de la Ligue des droits et libertés du Canada qui demande si « c'est le Canada que nous voulons. »

C-51 respecte les libertés individuelles selon Ottawa

À Ottawa, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, insiste que C-51 respecte les libertés individuelles. « Nous rejetons l'argument selon lequel chaque fois qu'il est question de sécurité, nos libertés sont menacées. Les Canadiens comprennent que leur liberté et leur sécurité vont de pair, » a-t-il fait valoir.

Ce geste de mobilisation était le premier pas pour combattre la loi C-51. Les intervenants n'excluent pas les recours juridique afin de faire valoir leurs droits dans le futur.