Au début du règne d'Augusto Pinochet au Chili, les dirigeants avaient pris la décision d'enterrer des mines antipersonnel le long de ses frontières avec l'Argentine, la Bolivie et le Pérou de peur de se faire attaquer par ses voisins. Sur la Terre de feu, il y en avait 12 773 enterrées. Le 3 mars dernier, les huit dernières mines ont été désactivées sur cette partie du monde.

De concert avec l'Argentine, le Chili a pu annoncer que tous les possibles dommages liés aux bombes ensevelies sous la terre font désormais partie du passé. Le pays peut tourner la page et les habitants de cette région peuvent dormir en paix.

Il faut se souvenir qu'à l'époque, Augusto Pinochet et l'Argentine en étaient presque venus à un conflit armé en raison de leurs différents territoriaux en lien avec les îles Picton, Lennox et Nueva. L'Argentine avait le support du Pérou et de la Bolivie. Voilà ce qui explique la quantité impressionnante de mines enterrées le long de la frontière avec les Argentins.

Aujourd'hui, les choses sont très différentes et les affrontements ont laissé place à la camaraderie. « En ce jour, nous avons réaffirmé l'esprit de support entre Argentins et Chiliens », a dit le ministre argentin de la Défense, Augustin Rossi, lors d'une cérémonie officielle. Cette dernière avait lieu du côté argentin de l'archipel situé à l'extrême sud du continent américain.

Signataire de la Convention d'Ottawa en 1997, le Chili s'était alors engagé à détruire les mines sur son territoire. Cette convention rend illégale l'utilisation, le fait de garder en inventaire ou de transférer des mines antipersonnel. Le pays d'#Amérique latine avait évalué à environ 181 814 le nombre de mines enterrées un peu partout le long de ses frontières.

Le pays s'approche de cet objectif, après presque 20 ans, puisqu'il a détruit environ 82% d'entre elles. Il reste encore quelques zones dangereuses et du travail demeure à faire, mais les Chiliens démontrent leur bonne volonté et répondent aux normes de la Convention d'Ottawa.