L'image est saisissante et surréaliste : le #Cameroun ressemble à un âne qui porte un jerricane d'eau et qui meurt de soif. Dans la capitale, Yaoundé, la situation est critique. Seuls 30% des habitants ont accès à l'eau potable. Des quartiers entiers sont au régime sec depuis de longues années. Alors la nuit, lorsque le précieux liquide peut sortir des robinets, les populations exposées aux agressions s'agglutinent autour comme des abeilles sur une ruche.

Des pénuries récurrentes

A Douala, où vivent 2,5 millions d'habitants, la demande journalière en eau est estimée à 250 000 m3. Malgré une capacité de production un peu plus efficiente, la ville peine à couvrir ses besoins et le débit reste désespérément faible.

La ville d'Ebolowa, par exemple, connait des pénuries récurrentes. Ses habitants peuvent alors se tourner vers des puits, dont la qualité de l'eau est dangereuse pour la santé, tout en implorant le ciel pour que tombe la pluie. C'est un véritable calvaire pour les populations. « Il y a des marchés de réhabilitation. Dans un proche avenir, le problème d'eau ne sera qu'un triste souvenir », rassure le gouverneur du Sud, Jules Marcelin Ndjaga, sur les ondes de la radio nationale. En réalité, il faudrait encore attendre dix-huit mois, selon Epié Ngone, le directeur régional de ce secteur.

Recherche des financements

Au Cameroun, les missions sont complémentaires dans le domaine de l'eau. Depuis 2008, la Camwater s'occupe de la recherche des financements, veille à l'exécution des infrastructures et à la fourniture des équipements. Pour sa part, la Camerounaise des Eaux (CDE) est chargée de la distribution et de la facturation de l'eau. Au final, beaucoup de projets sont en cours à travers la signature des conventions, même si le calvaire des populations continue. Pourtant, l'accès à l'eau est un des objectifs du millénaire pour le développement, qui en cette année 2015, ne sera pas atteint par le Cameroun. Une curieuse situation pour ce pays, deuxième potentiel hydraulique d'#Afrique après la République démocratique du Congo.

Aujourd'hui, le principal obstacle à la réalisation des infrastructures est le manque de plan d'urbanisation des villes camerounaises.