Blasting News : En tant que Fondatrice et Présidente de l'association Internationale des Droits de l'Homme, que représente pour vous La journée internationale des Femmes ?

Françoise Traverso : C'est tout un symbole pour les #Femmes du monde entier. On s'en souvient, ce sont les ouvrières américaines du textile qui avaient donné le ton dès 1857 à New-York. Depuis, il y a certes des progrès, notamment dans la prise de conscience de la réalité des conditions infrahumaines de la femme mais le chemin à parcourir reste bien long. Aujourd'hui à New York, nous allons entamer avec ONUFEMMES et les différents responsables des Nations Unies, une Marche pour l'égalité des sexes et le droit des femmes, "PLANET 50-50 BY2030 STEP IT UP FOR GENDER EQUALITY". Nous devons donc rester mobilisés et faire en sorte que la moitié de notre humanité puisse bénéficier du même statut social, ni plus ou moins, et sans discrimination d'aucune sorte. C'est l'une des missions que s'est assignée l'A.I.D.H.

Le combat pour l'égalité des droits Femmes-Hommes est au coeur des préoccupations de l'A.I.D.H depuis sa fondation en 1998. Quels ont été les combats que vous avez menés en 2014 ? Le bilan est-il positif ?

En effet, le sort fait aux plus faibles de nos sociétés est à l'origine de la création de l'A.I.D.H. Il se trouve malheureusement que ces « plus faibles » sont généralement des femmes et des jeunes filles. Bien évidemment l'A.I.D.H se mobilise chaque fois et préconise des actions, malgré le manque de moyens, pour dire STOP à cette inégalité de traitement. Je pense notamment au 31 Mai 2014 où nous avons organisé le Colloque international et interdisciplinaire sur les enjeux de la crise et de la réconciliation en République Centrafricaine à l'Université-Paris-Dauphine. Aujourd'hui, les Centrafricains sont sur le chemin de la réconciliation et je m'en réjouis.

Le bilan, au regard des actions menées par l'A.I.D.H en 2104 est plutôt positif même si je reconnais que beaucoup reste à faire pour atteindre l'égalité homme-femme dans l'altérité. Cette année a été une année importante pour nous car L'A.I.D.H a été légitimée par l'ONU à travers le Statut Consultatif Spécial auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies en Juillet 2014. Par ailleurs, la référence « qualité » de notre ONG m'a permis de devenir la Lauréate « du Prix de la Paix Barthélémy BOGANDA 2015 ». Ce prix fait écho aux actions menées par l'A.I.D.H en direction de la Paix dans le monde. Nous en sommes très honorés !

Vous participez lundi 9 mars à la 59ème session de l'Assemblée générale de l'ONU sur les Droits des Femmes à New York, qui se déroulera vingt ans après « La quatrième conférence mondiale sur les femmes » de Beijing. Les ambitions de 1995 ont-elles été atteintes ?

Sans préjuger des résultats de cette 59ème Session qui s'ouvre demain, les résultats escomptés n'ont pas été atteints même si des améliorations sont constatées ici et là. Cependant, nous devons rester mobilisés jusqu'à ce que l'égalité femme-homme soit reconnue tant en droit que dans les faits. 20 ans après, une femme meurt encore sous les coups du conjoint, la petite fille est mariée de force dès 7 ans alors que c'est une enfant ! Et les esclaves sexuelles lors des conflits armés ? L'écart des salaires à compétences égales ? Le plafond de verre difficilement atteignable ? Les premières victimes des crises socioéconomiques ? La dépendance économique ? La gestion des tâches ménagères, le déni de propriété des terres par des femmes dans certaines régions du monde ? Le dénuement total des femmes rurales ? Vous voyez, les chantiers sont immenses et beaucoup de conquêtes restent inachevées.

A titre personnel, quel regard portez-vous sur la situation actuelle des femmes dans le monde ?

Très honnêtement, cette situation s'inverse très lentement. Les efforts sont là lorsque je vois les mesures prises par certains gouvernements notamment la France pour imposer la Parité au niveau politique. Nos Assemblées sont encore loin de cette parité contrairement aux pays nordiques. Les femmes cheffes d'états ? Le G20, combien de femmes ? Je reçois régulièrement les femmes victimes de violences, malgré la protection renforcée par des politiques publiques nationales et les mesures de protections internationales sans oublier le rôle joué par les ONG. Force est de reconnaître que le monde bouge et les femmes émergent, tout doucement mais sûrement. #Journée de la femme