Si vous êtes en France, dans le métro, il est difficile de s'imaginer un homme se masturbant en regardant une jeune adolescente de 15 ans sous le regard des passagers. Les passagers feraient quelque chose, l'homme serait arrêté. Cependant, pour plusieurs #Femmes d'#Amérique latine, cette situation est une réalité qu'elle subiront plus d'une fois dans leur vie. Dans plusieurs pays latino-américains, le Code pénal ne définit pas le harcèlement sexuel comme un délit condamnable au niveau de la loi.

Au Chili, en Colombie ou en Bolivie, pour ne nommer que ces pays, en prenant l'autobus pour aller faire son marché, une femme s'attend à recevoir des sifflements ou à être touchée sans son consentement. Par exemple, dans la ville de Mexico, le phénomène était tel que les autorités ont été dans l'obligation de séparer les femmes et les hommes aux heures de grande affluence.

Au Pérou, les études démontrent que neuf femmes sur dix seront, au moins une fois, victimes du harcèlement sexuel au cours de leur vie. Voici une scène décrite dans plusieurs groupes de défense des droits pour les femmes sur Facebook. « Un homme monte dans un autobus rempli de personnes. Il se positionne derrière une femme. Il se colle sur sa jambe et commence à se frotter les parties génitales sur cette dernière. » Quelque chose d'horrible, mais de bien réel. Au Brésil, une enquête menée sur 7762 participantes démontre que 99,6% des répondantes ont été victimes d'une forme de harcèlement.

Des signes encourageants dans certains pays

Il existe des signes encourageants dans certains pays latino-américains. Le Pérou vient de passer une nouvelle loi qui rend ces comportements criminels. Un pas dans la bonne direction sans aucun doute. Mais, dans la pratique, cela changera-t-il les choses? C'est la sensibilisation des femmes qui permettra de leur rendre leur dignité et leur intégrité physique. Il faut leur donner les moyens de dénoncer sans avoir à en subir les contre-coups!

Par exemple, au Mexique, 6 femmes sur 10 préféreront quitter leur travail plutôt que de dénoncer leur patron par honte ou par peur. Plusieurs d'entre elles, si elles dénoncent, termineront sans emploi et sans ressources pour faire valoir leur droit.

Dans plusieurs pays, des initiatives communautaires ont pris forme. Mais, le travail à faire est énorme. Des campagnes publicitaires sont en cours au Brésil, au Pérou, en Colombie et au Chili pour sensibiliser la population au fait que les femmes d'Amérique latine ne peuvent profiter des espaces publics au même titre que les hommes.

Ainsi, il est vrai qu'en France le droit des femmes a avancé, mais cela n'est pas le cas dans le monde entier. Pour plusieurs pays d'Amérique latine, ce n'est toujours pas criminel. La lutte doit continuer et les femmes latino-américaines doivent prendre conscience que ces gestes ne sont pas tolérables! #Journée de la femme