C'est une annonce faite par des responsables américains ce mardi 24 mars. L'#Arabie Saoudite pourrait donc s'engager dans ce conflit yéménite qui se détériore jour après jour. Du matériel militaire lourd, incluant de l'artillerie, est actuellement rassemblé pour permettre de défendre les frontières que la puissance pétrolière partage avec le #Yémen, proche de la guerre civile.

En effet, les miliciens chiites houthis, soutenus par l'Iran, se sont emparés de la capitale yéménite Sanaa en septembre, ont récemment pris possession de l'aéroport de Taëz ainsi que de la base militaire attenante, et font maintenant route vers le sud, menaçant le détroit de Bab el-Mandeb (point stratégique), en direction d'Aden où est réfugié le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Ce qui a poussé la monarchie saoudienne à entamer ce nouveau processus de prévention et de défense.

Les conflits qui opposent chiites et sunnites au Yémen ravivent les tensions entre les deux grandes puissances de la région, à savoir l'Arabie saoudite et l'Iran. La république islamique est d'ailleurs accusée d'aggraver la situation au travers de son soutien aux milices chiites. Finalement, le conflit pourrait s'élargir, dégénérer et inclure l'Iran, république chiite soutenant les Houthis, et l'Arabie saoudite, monarchie sunnite soutenant le président Hadi.

Les pièces d'artillerie déplacées par l'Arabie saoudite pourraient être utilisées dans un but offensif ou défensif, selon des sources gouvernementales américaines. De plus, le royaume pourrait mener des frappes aériennes afin de défendre le président Hadi dans l'optique où les miliciens houthis attaqueraient son refuge à Aden.

Pour rappel, Abd Rabbo Mansour Hadi a été poussé par les Houthis à la démission le 22 janvier dernier, après que les milices aient pris le contrôle total de Sanaa suite à un coup d'Etat. Cependant, un mois plus tard, le président a rejeté ce coup d'Etat, et a pris la fuite en direction d'Aden, affirmant qu'il y poursuivrait le processus politique et le dialogue national. Aujourd'hui, il est sérieusement menacé par l'avancée des belligérants, faisant route vers le sud.

L'Arabie Saoudite, profondément concernée

La monarchie partage une frontière longue de 1.800 kilomètres avec le Yémen. Ce qui la place en première position en cas de débordement du conflit. En outre, la région orientale d'Ach-Charqiya, dont la population est majoritairement chiite et qui détient des gisements pétroliers extrêmement importants, se trouve dans cette zone.

Le prince Saoud al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, a affirmé lundi que les pays arabes prendraient les mesures nécessaires afin de protéger la région contre "l'agression" du mouvement houthi, dans la mesure où une solution pacifique ne peut être trouvée.

Mardi, le président Hadi a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'autoriser une intervention militaire immédiate provenant des pays qui souhaitent aider le Yémen à combattre cette menace.