L'encerclement de Tikrit se poursuit. Les mines, les tireurs isolés et les attentats suicides à la voiture piégée ralentissent la progression des troupes. Trois axes principaux pour l'attaque ont été choisis, un au nord où les combattants devront franchir le Tibre pour atteindre le nord de la ville, l'autre à l'est, le troisième par le nord de Samara, pour joindre le sud de Tikrit.


Ahmad al Kinani le porte-parole de la milice chiite Asa'ib Ahl al Hab annonce: « La situation est sous contrôle. Le gros des troupes provient du groupe Hashd-al-Saabi, » mais il se refuse à détailler le nombre. 
Zaid al Ali auteur du « The struggle for Iraq's future, » un essai sur l'Irak post invasion, déclare: « la reconquête de la ville ne peut pas se faire en quelques jours. Plusieurs semaines voir mois peuvent être nécessaires, pour éradiquer complètement E.I. de la ville. Daesh ayant piégé énormément d'endroits dans l'ensemble de la ville. » 

L'offensive paraît selon les observateurs avoir été préparée avec soin et méthode par les stratèges Iraniens. Une tactique déjà appliquée en Syrie pour aider Bachar El Assad pour lui permettre de reprendre des positions perdues.

Le général Qassem Souleymani, le chef de la célèbre brigade Al-Quods, les forces spéciales des gardiens de la révolution en Iran, est en Irak pour « superviser » l'opération. L'aide de la coalition des États-Unis n'a pas été souhaitée. Il semblerait que ce soit les chasseurs iraniens qui fournissent l'appui aérien. Les Iraniens étant les maitres d'œuvre, ils n'ont pas l'air de vouloir que les États-Unis s'en mêlent. Le vice-président américain a par téléphone offert son aide au premier ministre irakien, mais cela emble être resté lettre morte.

Dégâts collatéraux

Un grand sujet d'inquiétude hante les esprits, y compris l'état-major, c'est le risque de « bavures » sur les sunnites et plus généralement les populations des territoires reconquis. Il est vrai que de nombreuses exactions ont déjà été rapportées lors d'opérations précédentes. Human Right Watch (HRW) exhorte les autorités à protéger les civils contre les représailles des milices et déclare: «Tous les commandants de la région de Tikrit devront s'assurer que leurs forces protègent les civils et les aident à fuir la zone des combats.» 


L'ONU estime que 28 000 personnes ont déjà quitté Tikrit. Un homme fuyant la ville décrit la situation: « C'est une ville fantôme, 90 % de la population est partie, il n'y a plus d'essence ni de services essentiels, plus de vie. Les craintes de représailles sont grandes, » la majorité des troupes qui vont arriver ne sont pas sunnites. Il ajoute: « Malgré les déclarations du gouvernement et des autorités religieuses, les gens sont très méfiants, le passé les incite à l'être. Même si les tribus sunnites locales qui se sont dissociées de l'E.I. se sont engagées à livrer les collaborateurs. » 

Il conclut par une phrase lourde de sens: « Nous n'avons pas de culture de réconciliation. » 
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