En France aussi, nous recevons les expatriés. Si la morosité ambiante nous amène à sans cesse critiquer les faiblesses de notre pays, il faut reconnaître que beaucoup d'étrangers s'y sentent bien. Ils sont 3,3 millions, majoritairement africains et européens à tenter leur chance chez nous. N'en déplaise à certains. C'est le cas de Zineb, jeune Marocaine de 28 ans, qui a longtemps vécu en Espagne avant de s'installer en France. « Je suis venue en tant qu'étudiante Erasmus à Orléans, conte cette diplômée en marketing, commerce international, finance et gestion. C'était le pays idéal pour mener à bien mon projet professionnel qui est de faire carrière dans le monde de la mode. Il y a une facilité pour les gens qui veulent étudier et travailler, ici. C'est bien plus développé qu'en Espagne par exemple. Et il y a beaucoup plus de diversité. C'est plus ouvert en France. »

Espagnole de 25 ans, Luz a quitté les siens trois ans auparavant. Après son Erasmus à Nice, l'infirmière et journaliste andalouse ne se voyait pas revenir dans un pays en crise. « Je voulais accumuler de l'expérience, gagner de l'argent et perfectionner mon français, justifie cette férue d'écriture. Aujourd'hui, je n'ai pas vraiment ce que j'espérais. Mais si je suis encore là, ce n'est pas pour rien. Vivre sur la Côte d'Azur est une chance, le climat est bon et ma situation économique est stable. Aussi, j'ai pu faire évoluer mon CV et les conditions de travail sont parfaites. » Pour elle, la France offre clairement une chance même s'il n'est pas aisé de la saisir. « Il y a plus d'opportunités qu'en Espagne, concède Luz. C'est pourquoi, l'idée serait peut-être bonne de tenter l'aventure dans une autre ville française avant de revenir chez moi. » Le principal reproche qu'elle ferait à son pays d'accueil ? « En France, on ne vit que pour le travail. On oublie un peu trop la vie sociale. »

Contrairement à ce que l'on entend régulièrement dans les médias ou dans certains discours, la France est un pays qui attire nos voisins et même les expatriés les plus lointains. Astrith, 25 ans, est Colombienne. Étudiante en langues étrangères appliquées spécialisée dans le commerce, elle souhaitait avant tout maîtriser la langue française pour travailler dans un contexte international. « Après avoir réalisé un séjour dans un pays anglophone pendant une longue période. Ces années sans pratique m'ont fait oublié la langue de Molière, explique-t-elle. J'avais deux options : soit abandonner la langue et ne continuer mes études qu'en anglais, soit me remettre sérieusement au français que je chérissais tant. J'ai décidé de relever le défi. Une fois arrivée sur le sol français, l'aventure avait commencé. J'ai décidé de me remettre à niveau. J'ai enfin embrassé une nouvelle culture où le savoir-faire est la clé de voûte de toute formation. Tout cela me construit aujourd'hui. Mon but principal est désormais de réussir mes études dans le domaine du commerce. » Comme elle, de nombreux jeunes actifs étrangers voient notre pays comme une chance.