L'Iran est perse, musulmane et chiite. L'Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweit et d'autres monarchies pétrolières sont arabo-musulmanes et sunnites. L'Iran chiite devient un acteur puissant dans le monde arabo-musulman sunnite après avoir été mise au ban des Nations par les Américains. L'Iran soutient le Hezbollah au Liban, la Syrie de Bachar Al-Assad et les Houthis chiites au Yémen. Ryad a bombardé plusieurs sites tenus par les rebelles chiites Houthis qui font peser une menace sur le Yémen. Avant de rejoindre l'Arabie saoudite, le Président Hadi du Yémen a dû fuir la capitale Sanaa pour se réfugier à Aden, la deuxième ville du pays vers laquelle les combattants chiites convergent. Washington, le Qatar, l'Arabie Saoudite ainsi que les membres de la conférence de la coopération du Golfe estiment qu'il faut empêcher le mouvement Houthi de prendre le contrôle du pays.

Les Etats-Unis appuient l'initiative des pays arabo-musulmans sunnites qui sont leurs partenaires traditionnels, sans participer physiquement à l'offensive pour ne pas s'opposer à l'Iran au moment de la négociation nucléaire avec ce pays. L'Iran a dénoncé la démarche des Etats-Unis et surtout la position des pays sunnites comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar. L'Iran estime que le conflit au Yémen peut entraîner la régionalisation du conflit dans la péninsule arabique. Pour l'Iran, les occidentaux combattent les djihadistes sunnites de l'#Etat Islamique (ou Daesh). L'Iran attend donc des Etats-Unis et des occidentaux qu'ils soient moins sévères avec Téhéran dans sa tentative de parrainage des mouvements chiites au Moyen et au Proche-Orient. Pour l'Iran, la négociation concernant sa position sur le nucléaire lui permet de faire son retour sur la scène mondiale et de contraindre les occidentaux à signer un accord avec Téhéran, même si cet accord agace le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

L'Iran soutient le pouvoir de Bachar Al-Assad 

L'Iran perse, musulman et chiite est en train de devenir un acteur majeur dans le monde arabo-musulman sunnite. Les alliés traditionnels de Washington, que sont l'Arabie Saoudite ou le Qatar, sont inquiets et ne souhaitent pas que les Etats-Unis réévaluent leur politique arabo-musulmane au Moyen-Orient en général et dans la péninsule arabique en particulier. L'Arabie Saoudite est inquiète car elle redoute l'émergence d'un « Hezbollah » chiite Houthi pro-iranien sur le modèle du Hezbollah chiite libanais.

L'Arabie saoudite refuse cette éventualité car, si elle advenait, ce serait la porte d'entrée de l'Iran dans les affaires arabes et surtout saoudiennes, quand on connait la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen. L'Iran, au nom de la négociation nucléaire, pousse son avantage dans la résolution des conflits au Moyen-Orient. Téhéran soutient le pouvoir de Bachar Al-Assad en continuant à lui fournir matériel et combattants. Pour l'Iran, la Syrie est le relais nécessaire de son influence dans la région.

La négociation sur le nucléaire de Téhéran avec les occidentaux permet à l'Iran de créer des tensions entre Washington et Paris et d'apparaître comme un élément indispensable pour la résolution des conflits au Moyen-Orient dans lesquels mouvements et états chiites seraient impliqués. C'est une épine que l'Iran met volontairement dans les talons diplomatico-politiques et militaires des états arabo-musulmans du Golfe persique. #Energie nucléaire