Un pas en avant, deux pas en arrière dans l'affaire Raïf Badawi. L'écrivain et blogueur emprisonné depuis 2012 en #Arabie Saoudite, pourrait de nouveau être accusé d'apostasie, soit l'abandon de la religion musulmane. Si ce chef d'accusation est retenu contre lui, il risque d'être condamné à la peine de mort par décapitation.

Prisonnier d'opinion

Si les Français peuvent se proclamer « Charlie », en Arabie Saoudite, on ne plaisante pas avec la liberté d'expression. En 2008, Raïf Badawi lance un blog intitulé Free Saudi Liberals, afin d'encourager la libéralisation religieuse du pays. Suite à une plainte déposée contre le blogueur, il est arrêté et emprisonné en juin 2012. Dans un premier temps, Raïf Badawi est reconnu coupable de désobéissance à son père et d'apostasie, un acte puni par la peine de mort. Finalement, le juge revient sur sa décision et reconnait que le blogueur est bien musulman. Sa peine est alors réduite à sept ans de prison et 600 coups de fouet.

Jugé en appel le 7 mai 2014, Raïf Badawi est reconnu coupable d' « insulte à l'#Islam », ce qui lui vaut dix ans d'emprisonnement, une amende de 1 000 riyals (soit 225 000 euros) et 1 000 coups de fouet. Les 50 premiers coups lui ont été infligés en public le 9 janvier dernier à Djeddah.

Aujourd'hui, la Cour criminelle d'Arabie Saoudite exigerait un nouveau procès. Selon des informations tenues par Ensaf Haidar, son épouse, Raïf Badawi serait de nouveau accusé d'apostasie. Si ce chef d'accusation est retenu, son mari pourrait bel et bien être condamné à la peine de mort par décapitation.

Une nouvelle difficile à encaisser pour Ensaf Haidar. Réfugiée à Sherbrooke, au Québec, avec ses trois enfants depuis 2012, elle craint que ce nouveau procès face augmenter la peine prononcée à l'encontre de son mari.

Un soutien international

Depuis son arrestation, Raïf Badawi est soutenu par la communauté internationale. Plusieurs personnalités politiques se sont mobilisées, comme Angela Merkel, David Cameron, le prince Charles ou encore Denis Coderre, le maire de Montréal. Par ailleurs, deux cinéastes engagés dans la défense des droits de l'homme ont voulu montrer leur soutien au militant. Luc Côté et Patricio Henriquez préparent actuellement un film documentaire sur l'histoire de Raïf Badawi.