Tous les rapports sont unanimes, la situation pour les homosexuels en #Afrique est catastrophique. Le dernier rapport de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme se concentrait sur la situation des militants et personnes LGBT au Cameroun. Daté du 25 février dernier, il recense de nombreux cas d'intimidations, de persécutions, de menaces de mort et de meurtres auxquels la communauté LGBT fait face.

Le cas camerounais

« Tous les homosexuels ne sont pas arrêtés en Afrique. Ceux qui le sont, avec quelques exceptions, sont des personnes qui ne peuvent pas se défendre elles-mêmes, qui ne connaissent pas leur droit, etc. Certains cas sont médiatisés, » déclarait le sociologue camerounais Charles Gueboguo dans un entretien paru dans Libération le 19 novembre dernier.

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Parmi ces cas médiatisés, celui de Benoit Kédé a fait grand bruit. En mai 2013, il se rend sur les lieux d'un rendez-vous à Kribi, ville côtière du Cameroun, après avoir échangé quelques SMS avec un inconnu. Sur place, il s'avère que le rendez-vous est un guet-apens tendu par la police et Benoit Kédé se retrouve en état d'arrestation pour « tentative d'homosexualité. » Il est alors condamné à deux semaines en détention provisoire et écope d'un an de prison avec sursis. Partout en Afrique, les rapports des ONG font état de harcèlement policier et de violences physiques sur les homosexuels en détention. Parallèlement à cela, les sanctions légales contre les personnes homosexuelles sont en constante hausse.

Si le Cameroun punit le délit d'homosexualité d'une peine d'emprisonnement de cinq ans, il n'est pas le pays à la réglementation la plus drastique.

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En Mauritanie, au Soudan et en Somalie, un comportement homosexuel peut être sanctionné par la peine de mort. Parmi les états les plus sévères contre les actes homosexuels se trouve l'Ouganda. Son « anti homosexuality bill » de 2009 avait largement durci la régulation ougandaise à l'envers les homosexuels. Les relations homosexuelles sont passibles de la prison à vie, la loi interdit toute « promotion de l'homosexualité, » rend obligatoire la dénonciation de « quiconque s'affiche homosexuel » et prévoit la peine capitale en cas « d'homosexualité aggravée. »

Appels à la haine

La dénonciation d'homosexualité n'a pas à se baser sur un cas de flagrant délit, on peut dénoncer quelqu'un comme étant homosexuel à partir d'un geste qui apparait féminin, un message ambigu sur le téléphone, une tenue, une démarche voire même une boisson. Cet encouragement à la dénonciation renforce des stéréotypes dégradants et rarement vrais sur la communauté homosexuelle, accroissant ainsi le sentiment d'exclusion et de peur que ressentent les homosexuels à travers le continent.

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Les appels au meurtre et à la haine se multiplient et se démocratisent. En février 2014, le président de la Gambie, Yahya Jammah déclarait lors d'un discours vouloir combattre « ces vermines appelées homosexuels ou gays de la même façon que nous combattrons les moustiques responsables de la Malaria. »

Dans un pays comme l'Afrique du Sud où l'homosexualité est légale, Amnesty International rapportait pourtant en 2013 un nombre important d'agressions à caractère homophobe, une inertie policière et une traine de la justice. Pour beaucoup de membres de la communauté LGBT les sociétés occidentales restent un Eldorado de liberté mais la discrimination n'y prend pas fin pour autant. Le dilemme de choisir entre la communauté gaie et la communauté noire est une pression terrible pour ces nouveaux arrivants et ils finissent par éprouver le sentiment de ne jamais être complètement intégrés et acceptés dans la société.