Dilma Rousseff est en chute libre dans l'opinion publique au Brésil. Le scandale qui entoure la compagnie pétrolière Petrobas a secoué son parti très fortement et elle essaie de sauver sa présidence. Touché violemment par la révélation d'un système de corruption et de pots-de-vin au sein de la compagnie, le pétrolier Petrobras personnifie et résume tristement les maux qui agitent et fragilisent le Brésil.

Elle a annoncé mercredi dernier une série de mesures pour contrer la corruption qui gangrène ce pays. Ces annonces font suite à des manifestations monstres qui ont eu lieu dimanche dernier dans plusieurs métropoles brésiliennes. Au total, ils étaient plus de 1,7 millions de personnes à demander la démission de la présidente.

La politicienne n'a pas eu d'autre choix que d'écouter et de répondre aux demandes avec des mesures concrètes. « Je veux avoir l'orgueil de pouvoir dire que je suis la première présidente à avoir fait des pas effectifs dans la lutte contre la corruption, » disait-elle en conférence de presse après avoir signé les documents législatifs.

Criminaliser la double comptabilité

Le gouvernement souhaite criminaliser la pratique de double comptabilité par les partis politiques en période électorale. Le ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, a expliqué que « aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n'est pas actuellement un délit au Brésil. »

De plus, Brasilia veut pouvoir confisquer la fortune injustifiée des gens et vendre leurs biens litigieux aux enchères. Finalement, tous les fonctionnaires auront l'obligation d'avoir un casier criminel vierge afin de pouvoir accéder à un poste de responsable au sein de l'appareil gouvernemental.

Un dialogue est nécessaire au gouvernement

La présidente est consciente qu'elle ne pourra sortir des eaux troubles seule. Elle doit ouvrir le dialogue au sein du gouvernement. « Nous devons discuter humblement avec les autres partis pour faire passer des mesures d'austérité impopulaires, mais nécessaires, » disait-elle. En effet, le Brésil plonge directement vers une récession et l'inflation du pays est en forte hausse depuis un an. La monnaie du pays a perdu 30% de sa valeur.

Bien que Dilma Rousseff ne soit pas impliquée dans le scandale qui entoure Petrobas, elle en subit les foudres populaires et la crise économique qui est à la porte ne lui donne pas de marge de manœuvre. Ces mesures anti-corruption calmeront un peu la tempête, mais tout n'est pas gagné pour Dilma Rousseff. #Amérique latine