Hifikepunye Pohamba a reçu cette semaine, au Kenya, le prix Mo Ibrahim, du nom de ce milliardaire anglo-soudanais qui a fait fortune dans les télécommunications. Ce prix est très important en Afrique car il distingue un dirigeant qui a su mener de mains de maître son pays en faisant preuve d'un leadership qui mérite d'être distingué. Le président namibien a été élu en 2004, réélu en 2009 et preste actuellement les dernières semaines de son mandat. C'était donc l'occasion de le féliciter pour tout le travail accompli.

Pour désigner le vainqueur, un jury se regroupe pour prendre la décision. Parmi les jurés de cette année, on retrouve le célèbre Mohamed El Baradei, ancien Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 2005.

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Il n'a pas hésité à complimenter le vainqueur. « Il a réussi à transformer une société assez fragmentée en une société soudée », a-t-il expliqué. « Pour un pays qui sort de l'époque coloniale ou qui est plutôt en transition comme les pays du Maghreb après le Printemps arabe, la clé est de faire en sorte que la société soit unie et solidaire. Ce prix récompense donc l'engagement d'un ancien président qui parvient à établir une union nationale. Le défi d'une période de transition est beaucoup plus complexe que quelques petites querelles politiques. Je pense que c'est ce qui a le plus impressionné chez lui ». Il faut savoir que depuis 2011, plus aucun prix n'avait été attribué en matière de bonne gouvernance africaine. C'est dire si les critères sont stricts et qu'il n'est pas attribué facilement.

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La récompense est d'autant plus belle pour le dirigeant namibien.

Une dépendance à l'Afrique du Sud

Pohamba passera bientôt le relais à son successeur déjà désigné, Hage Heingop. Qui peut déjà apprécier le fait que les perspectives de croissance pour 2015 soient bonnes. Même si la Namibie est encore fort dépendante de ses exportations vers son pays voisin, l'Afrique du Sud. Hage Heingop sera-t-il en mesure de reprendre le flambeau allumé lors du pouvoir détenu par Pohamba ? Tout un peuple l'espère. En tout cas, les jurés espèrent que le travail fourni par le dirigeant namibien sera pris en exemple dans d'autres Etats africains, où la bonne gouvernance n'est pas toujours au rendez-vous.