Mais quelle est donc cette malédiction qui frappe les présidents zambiens ? Dimanche, lors d'une allocution publique, Edgar Lungu, le chef de l'Etat âgé de 58 ans, a perdu connaissance à Lusaka, la capitale. Il s'est effondré sur le podium pendant son discours. Un fait somme toute banal, comme il pourrait y en arriver partout et à n'importe quel personnage public. Oui, mais voilà, là où ça commence à devenir inquiétant et problématique, c'est que ce n'est pas la première fois qu'un chef de l'Etat a des problèmes de santé dans le pays. Pire, en six ans, deux présidents ont déjà perdu la vie. On craint donc une nouvelle catastrophe dans ce pays, réputé pour sa production de cuivre, et qui a besoin d'un puissant dirigeant pour gouverner.

Il devra être traité à l'étranger

Revenons un peu en arrière pour comprendre ce mal qui ronge la Zambie depuis plusieurs années. En 2008, Levy Mwanawasa était décédé dans un hôpital parisien. Six ans plus tard, en octobre 2014, son successeur, Michael Sata, surnommé le « Roi Cobra », avait également perdu la vie dans un hôpital londonien, cette fois. Une véritable malédiction ! Le gouvernement n'a jamais vraiment voulu communiquer sur ces problèmes de santé. Et il ne semble toujours pas privilégier la transparence dans le bilan de l'état de santé de ces chefs d'Etat. Après le malaise d'Edgar Lungu, le porte-parole de la présidence zambienne a tenu à apporter quelques précisions pour informer une population qui semble de plus en plus inquiète. « Les médecins recommandent que le président subisse une intervention qui requiert de hautes technologies qui ne sont pas disponibles dans le pays. C'est pourquoi il devra être traité à l'étranger », a déclaré Amos Chanda. Qui n'en dira pas plus. Laissant planer toutes les supputations. On parle d'un rétrécissement de l'œsophage. Mais d'autres rumeurs évoquent le paludisme. Mais quel est donc le véritable mal qui touche le sommet de la hiérarchie zambienne depuis quelques années ? Pour le moment, c'est le mystère total…

Lors du décès de Michael Sata, beaucoup de rumeurs avaient circulé sur l'état de santé du président. Mais elles avaient été bien vite démenties par le gouvernement. La population, très inquiète, ne veut plus perdre ses chefs de l'Etat « à la chaîne ». Elle réclame donc que le bilan de l'état de santé soit rendu public, pour éviter toutes mauvaises surprises et pour clarifier la situation. Sera-t-elle entendue ? #Afrique