La liberté d'expression est généralement un indicateur de la santé d'une démocratie. Le #Journalisme est un élément essentiel afin de garder les politiciens sous les projecteurs et donner un certain pouvoir au peuple. Le #Mexique démontre ce fait dans le mauvais sens. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Enrique Peña Nieto, les agressions contre les journalistes sont en hausse et les scandales de corruption sont également plus nombreux.

Dans un contexte différent, il serait plausible de dénoncer le manque de preuves directes et de dire que les faits sont seulement circonstanciels. Mais le scandale entourant la journaliste Carmen Aristegui vient démontrer une proximité douteuse entre les médias et les politiciens.

Article 19, qui défend les droits de la presse à travers le monde, a déposé un rapport accablant le 24 mars dernier. Sous l'égide de l'ancien président, Felipe Calderon, les assauts sur des journalistes étaient fréquents. Ils avaient lieu tous les deux jours. Maintenant, depuis l'arrivée d'Enrique Peña Nieto, un journaliste est victime d'assaut au Mexique tous les 26,4 heures. Ce sont deux fois plus d'attaques.

Une démocratie contrôlée par le pouvoir

Le renvoi de journalistes qui ont établi le lien de corruption entre le président et des promoteurs immobiliers devient, dans ce contexte, un exemple clair d'une menace à l'ensemble de la presse. Carmen Aristegui s'est levée pour le dénoncer, et en moins de 24 heures, elle était sans emploi. Comment ne pas conclure à l'influence des politiciens dans l'univers médiatique? Le tout devient burlesque et presque loufoque.

L'ONG Article 19 note dans son rapport que: « dix journalistes ont été assassinés en raison de leur activité professionnelle et les criminels ne sont toujours pas punis pour leur geste sous l'administration d'Enrique Peña Nieto ». L'impunité est devenue une réalité au Mexique pour les journalistes. La peur qui en découle les empêche de publier tous les scandales qui s'y passent. Selon la Commission nationale des droits humains, 89% des crimes contre la presse demeurent sans conséquences.

Dans ce contexte, les citoyens du Mexique ont droit de questionner la démocratie dans laquelle ils vivent. La moitié des violences sont effectuées par des représentants du gouvernement. Les Mexicains peuvent-ils s'exprimer librement? C'est une question légitime.