Le président américain Barack Obama a commémoré hier le triomphe des droits civils au cours du 50ème anniversaire des marches de Selma à Montgomery (Alabama). Pour rappel, cette marche a conduit à l'adoption de la loi sur le droit de vote pour tous. Pour autant, la « longue ombre » du racisme n'a pas disparu selon Barack Obama.

Ce 50éme anniversaire intervient à un moment où la discrimination à l'encontre des Noirs Américains devient un défi causé notamment par plusieurs épisodes dans lesquels des Afro-Américains non armés ont été abattus par la police.

« Nous savons que le progrès n'est pas terminé », a affirmé le président devant des milliers de personnes réunies au pont Edmund Pettus.

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Un pont qui il y a 50 ans fut le théâtre de répressions violentes  menées par la police contre les militants du droit de vote pour tous. Une journée qui est depuis lors connue sous le nom de Bloody Sunday.

Obama, le premier président noir du pays, a rejeté l'idée que « rien n'a changé », mais a affirmé que ce serait une « erreur » de croire que le racisme a été banni et que le travail des hommes et des femmes qui ont participé à la marche de Selma est terminé.

« Nous avons juste à ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur pour savoir que l'histoire de cette nation raciale jette toujours une ombre sur nous », a-t-il ajouté. Le président fait référence à des cas comme l'affaire Michael Brown, un jeune afro-américain âgé de 18 ans décédé en Août dernier à Ferguson (Missouri). Un décès causé par un tir provenant d'un policier blanc dans un incident qui a suscité de nombreuses protestations et émeutes.

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Ces dernières conduisant à un véritable mouvement qui dénonce l'inégalité rencontrées par les Afro-Américains.

Dans un rapport sur la performance globale de la police, le département américain de la Justice a constaté la discrimination raciale dont il est question à Ferguson. Ce rapport fait en outre état de la violation systématique des droits civils des Noirs. Des arrestations inexpliquées et l'usage excessif de la force sont les principaux manquements mis en avant.

« Selma nous enseigne aussi qu'on doit passer à l'action pour nous nous débarrasser de notre cynisme », a déclaré Obam devant un auditoire de 40 000 personnes, ajoutant encore que « en ce qui concerne la poursuite de la justice, nous ne pouvons pas autoriser la complaisance ou le désespoir »

Tout en admettant que ce qui est arrivé à Ferguson est refusé, « il ne doit pas être unique ni endémique » et contrairement à ce qui est arrivé avant que le mouvement pour les droits civils ne soit protégé par la loi ou la coutume.

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Obama a salué le modèle de mouvement pacifique dirigé par Martin Luther King qui a servi de catalyseur pour atteindre l'égalité des Afro-Américains afin de voter pendant une époque de ségrégation.

Obama a aussi fait un clin d'œil à la puissance de la jeunesse pour le changement. « Depuis les rues de la Tunisie à la Place de l'Indépendance en Ukraine, cette génération de jeunes gens peuvent puiser de la force, où les plus puissants peuvent passer à la plus grande superpuissance dans le monde et pousser leurs dirigeants à élargir les limites de la liberté », a-t-il encore expliqué. #Etats-Unis