A la barre, Djokhar Tsarnaev, l'un des auteurs présumés du double attentat du marathon de Boston, admet sa responsabilité. Mais le jeune homme de 21 ans, musulman d'origine tchéchène, naturalisé américain en 2012, plaide non coupable des faits qui lui sont reprochés. Le 15 avril 2013, deux bombes explosaient à 13 secondes d'intervalle dans la Bean Town (la ville des fèves) tuant trois personnes et en blessant 264 autres. La police américaine s'était alors lancée dans les heures qui ont suivi dans une véritable chasse à l'homme pour arrêter les deux principaux suspects, Tamerlan et Djokhar Tsarnaev. Le premier sera abattu trois jours plus tard après une course-poursuite tandis que l'autre est arrêté le 19 avril.

Retour sur la personnalité de l'accusé

Ce mercredi, la salle du tribunal fédéral de Boston était comble pour l'ouverture de ce procès très attendu. Plusieurs des victimes, dont les parents de Martin Richard, l'une des trois victimes, âgée de 8 ans au moment des faits, s'y trouvaient. Dès les premières minutes de l'audience, le procureur général adjoint William Weinreb a rappelé les évènements, et dressé le portrait de Djokhar Tsarnaev : "L'accusé n'était pas là pour regarder la course. Il avait un sac à dos sur l'épaule et à l'intérieur du sac à dos il y avait une bombe artisanale. C'était le type de bombe que les terroristes choisissent car elles ont pour but de réduire les gens en pièces et de créer un spectacle sanglant. Il prétendait être un spectateur mais il avait le meurtre dans son coeur". Devant un Tsarnaev impassible, sans réaction, cheveux en bataille, veste de costume noire et chemise blanche, William Weinreb retrace le parcours typique du jeune étudiant qui verse dans le radicalisme. C'est à partir de 2011 qu'il embrasse les idéaux terroristes, les partage sur la toile, achète des armes de poing et s'entraîne au tir avec son grand frère Tamerlan.

La défense plaide l'influence

Les défenseurs de Djokhar Tsarnaev ont ensuite pris la parole. Si l'accusé, par l'intermédiaire de son avocate Judy Clarke, a admis et assumé sa responsabilité et son rôle "secondaire" dans les attentats de Boston, il a accusé son frère Tamerlan d'en être l'instigateur et le principal coupable, insistant notamment sur l'influence qu'avait son aîné sur lui. La défense devrait donc présenter Tamerlan comme le meneur autoradicalisé du duo. Ces derniers jours, les avocats de Djokhar Tsarnaev avaient par ailleurs tout tenté pour déplacer le procès dans une autre ville, arguant qu'il était impossible de réunir un jury impartial à Boston, profondément marquée par ces attentats. La sélection du jury et des six remplaçants a pris près de deux mois, le parquet auditionnant plus de 2 000 potentiels jurés dans le soucis d'un procès équitable.

Djokhar Tsarnaev risque la peine de mort

Le plus jeune des frères Tsarnaev est notamment inculpé d'utilisation d'arme de destruction massive ayant entraîné la mort, d'attentat dans un espace public et d'utilisation d'une arme à feu. En tout, 30 chefs d'accusation, dont 17 sont passibles de la peine de mort. Si l'État du Massachussetts est abolitionniste depuis 1982, les crimes pour lesquels Djokhar Tsarnaev est jugé relèvent du système fédéral, et le procureur peut requérir la peine capitale. S'il est reconnu coupable, les douze jurés devront se prononcer sur sa condamnation à mort, ou sur une réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de remise de peine. Le procès devrait se poursuivre jusqu'en juin prochain. #Justice #Etats-Unis #Terrorisme