Mardi dernier, douze personnes ont été pendues dans la journée, dans différents endroits du Pakistan. C'est le total de pendaisons le plus élevé depuis la levée du moratoire sur les condamnations à mort en décembre dernier. Celui-ci était en vigueur depuis 2008. Deux condamnés ont perdu la vie à Karachi, deux à Rawalpindi, et huit dans le centre de la province du Pendjab, ont précisé des responsables. Ce qui porte le total des exécutions à 39 depuis la fin du moratoire.

Le raid des talibans qui avait fait 154 morts dans une école de Peshawar avait justifié la levée partielle du moratoire sur les condamnations. Le semaine dernière, les autorités ont décidé de lever complètement ce dernier considérant les graves condamnations des accusés: terrorisme, viols...

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Face à cette recrudescence des mises à mort, Amnesty International tire la sirène d'alarme en indiquant que 8000 personnes sont condamnées à mort dans les prisons pakistanaises. « 1000 d'entre elles ont épuisé leurs recours juridique », selon les chiffres de l'organisation.

Le pardon, la seule issue pour ces personnes

L'ultime recours pour les condamnés à mort est le pardon de la famille de la victime, ou de la victime elle-même si elle est toujours en vie. Mardi dernier, deux condamnés ont été pardonnés par la famille de la victime. Une opportunité que 12 autres personnes n'ont pas eue.

L'Union européenne, des considérations économiques en jeu

Lorsque l'Union européenne avait donné le statut de GSP+ (Statut généralisé de Préférences) au Pakistan, l'une des conditions d'obtention était la persistance du moratoire sur les condamnations à mort.

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Ce statut GSP+ exempt notamment le pays de taxes sur ses exportations liées au textile, ce qui a valu au Pakistan une augmentation de ses ventes d'un milliard de dollars. 

Les diplomates européens ont rencontré les représentants pakistanais pour partager leurs inquiétudes face au retour de la peine de mort. Sans entrer dans les détails, le cas de Shafqat Hussain a été mentionné par les diplomates. Le jeune homme n'avait que 15 ans lorsqu'il a été condamné à mort pour le meurtre d'un enfant. Il entrait à peine dans son adolescence. Il est possible de questionner si l'adolescent comprenait réellement ce qu'il a fait. Il pourra être exécuté prochainement si ses avocats ne trouvent pas une manière de lui donner un sursis. Ces condamnations sont nombreuses et, bien que les crimes ne soient pas justifiables, les autorités pakistanaises ont des devoirs pour ne pas perdre leur statut GSP+. #Asie