BLASTING NEWS. Vladimir Poutine a fait son retour après 10 jours d'absence mettant fin à de nombreuses rumeurs. Comment expliquez-vous cette hystérie collective autour de lui ?

Philippe Migault : Je ne l'explique pas. En Occident, nous avons oublié à quoi ressemble un chef d'État. #Vladimir Poutine représente un modèle qui a disparu. Celui des Churchill, De Gaulle… Il assume tous les devoirs de l'État. Le problème, pour l'Europe et les États-Unis, c'est qu'il arrive après Boris Eltsine. Du coup, la #Russie n'obéit plus aussi docilement qu'avant. C'est une époque révolue. Être confronté à un pays de 143 millions d'habitants que vous ne pouvez manipuler, ça attise forcément les divergences.

BLASTING NEWS. Un an après l'annexion de la Crimée, Poutine a affirmé qu'il était prêt à mettre ses forces nucléaires en alerte. Qu'en pensez-vous ?

Philippe Migault : Ce n'est pas quelque chose d'anormal. Toutes les puissances nucléaires le font. Si vous voulez être crédible, il est normal de montrer les muscles. Mais dans ce cas, je n'ai pas tant l'impression que c'est une phrase destinée aux États-Unis et à l'Europe. Mais plutôt à son électorat. Car il ne faut pas oublier que Vladimir Poutine aussi doit gagner des élections et doit redorer sa cote de popularité.

BLASTING NEWS. Quelles ont été les conséquences économiques de l'annexion de la Crimée ?

Philippe Migault : La Crimée a quitté l'Ukraine, un pays au bord du dépôt de bilan, pour la Russie, un pays puissant. Toutefois, cela n'a pas forcément profité économiquement à la Crimée. La situation n'est pas aussi brillante que prévue pour différentes raisons. Le profit est donc mineur pour le moment.

BLASTING NEWS. Les intérêts entre l'Occident et la Russie sont-ils trop éloignés ?

Philippe Migault : Tout d'abord, je ne parlerais pas d'Occident. Les intérêts de la France ou de l'Allemagne ne sont pas les mêmes que ceux des États-Unis. Il n'existe plus d'unité occidentale comme ça a pu être le cas. Mais il faut savoir que nous avons des projets concurrents avec la Russie. C'est normal qu'on voit ce pays comme un rival. C'est le champion d'un certain nombre de valeurs traditionnelles. Ces valeurs qui sont, par ailleurs, défendues par les euro-sceptiques.