La Comission Électorale Nationale Indépendante (Céni) a clos dimanche 1er mars les inscriptions à l'élection présidentielle du Togo. Cinq candidats se disputeront le fauteuil présidentiel lors d'un scrutin à tour unique organisé le 15 avril prochain.

Faure Gnassingbé, le président en place depuis dix ans, brigue un troisième mandat sous la bannière de l'UNIR, le parti qu'il a fondé en 2012. En 2010, il remportait l'élection présidentielle avec plus de 60% des voix au suffrage. Gnassingbé se présente dans un contexte national peu favorable. En novembre et décembre 2014 les Togolais ont manifesté sans relâche pour que des modifications soient apportées à la Constitution. Les partis de l'opposition réclamaient une limitation du mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans et un scrutin à deux tours. La motion sur le cumul des mandats a été rejetée à l'Assemblée Nationale où le parti de Faure Gnassingbé est majoritaire.

L'adversaire principal du Président de la République sera Jean Pierre Fabre, leader de l'opposition. Pour la deuxième fois consécutive les deux hommes vont s'affronter et Fabre se mécontente de la dispersion de l'oppositon comme il y a cinq ans. Il est le président de son parti, l'ANC, et le candidat du Combat pour l'Alternance Politique en 2015 (CAP 2015), une formation de cinq partis de l'opposition. Amer perdant du scrutin présidentiel de 2010, il contestait « l'élection volée » et participait aux manifestations en novembre et décembre 2014.

Une opposition divisée

Plusieurs partis de l'opposion ne seront pas représentés pour ces élections et la plupart s'abstiennent par choix. L'amertume de la victoire controversée de Faure Gnassingbé en 2010 est toujours là et surtout les attentes des manifestations de la fin 2014 sont restées sans réponse: le scrutin est toujours à tour unique et Gnassingbé brigue un troisième mandat sans que la Constitution ne l'en empêche.

Le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) de Yawobi Aboyibo s'est retiré de la course et préfère attendre « un scrutin équitable. » Alberto Olympio, petit neveu du premier président togolais, Sylvanus Olympio, réclame « un scrutin transparent » et « une élection exemplaire » pour se présenter. Ces désistements coûtent cher à Jean Pierre Fabre qui a besoin d'une formation de l'opposition forte et soudée pour espérer déloger Faure Gnassingbé du pouvoir: « L'opposition ne calcule pas les lourdes conséquences du boycott. Ce n'est pas parce que les réformes n'ont pas eu lieu que l'ANC n'ira pas aux élections. »

Trois autres candidats sont dans la course à la présidence aux côtés de Fabre et Gnassingbé. Aimé Gogué (Addi) un ancien proche de Fabre, Mohamed Tchassona-Traoré (MCD) et Gerry Taoma (NET) un ex militaire formé à Saint-Cyr et le benjamin de la compétition.  #Élections #Afrique