C'était le 11 mars 2011, au #Japon. Un séisme d'une ampleur inédite provoque un tsunami monstre dépassant 30 mètres par endroits. La centrale nucléaire de Fukushima, sur la côte Pacifique du pays, se trouve sur son chemin. L'accident industriel est classé au niveau maximum. 18 500 personnes périssent. L'épisode va traumatiser un pays endolori. 6 000 ouvriers subissent quotidiennement de fortes radiations. 120 000 personnes sont considérées comme des « réfugiés nucléaires ». Et le démantèlement devrait prendre une quarantaine d'années. Pourtant, quatre ans plus tard, le gouvernement s'apprête à relancer ses centrales nucléaires.

4 réacteurs en cours de relance

Depuis septembre 2013, la totalité des réacteurs nucléaires japonais est à l'arrêt, soit 48 réacteurs.

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Mais le premier ministre nippon Shinzo Abe ne l'entend pas ainsi. Malgré les risques qui persistent et l'histoire récente, la remise en état de marche des centrales semble acquise. Le calendrier n'est toujours pas connu mais ce serait une question de mois.

Dans un premier temps, quatre réacteurs nucléaires, stoppés juste après la catastrophe de 2011, seraient concernés. Et pour cause, l'Autorité de régulation du nucléaire, ou ARN, a donné son aval. À Kagoshima, dans le Sud-Ouest, deux de ces réacteurs Sendai 1 et 2 ont obtenu le feu vert des autorités locales et sont en attente. À Fukui, au centre du pays, on attend l'accord en vue des élections locales qui ont lieu en avril prochain. Pourtant, le 22 février dernier, une nouvelle fuite très radioactive (l'eau est 70 fois plus radioactive que le reste du site) a été trouvée sur la centrale moribonde de Fukushima.

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Les Japonais « contre » la proposition du gouvernement

Si beaucoup peuvent estimer que les leçons n'ont pas été retenues, le Japon ne compte pas s'arrêter en si bon, ou mauvais, chemin. Le nucléaire représentait 28% de l'électricité du pays avant la catastrophe. Autant dire que l'arrêt des réacteurs a eu un effet catastrophique. Les importations en gaz sont montées en flèche. Rien n'empêchera donc Shinzo Abe d'y recourir. Pas même les manifestations. Et il y en a eu. Plus de 20 000 personnes ont défilé à Tokyo contre le nucléaire, le 8 mars dernier. Ils ont encerclé le Parlement et ont protesté contre la volonté du gouvernement. Seuls 36% des habitants seraient d'accord avec une relance. Dans le même temps, les dirigeants de Tepco sont ressortis blanchis de la catastrophe faute de preuves. Autant dire que l'opposition n'est pas d'humeur à la fête à l'occasion du quatrième anniversaire de Fukushima.

Pour se rappeler de l'événement, le Japon a évidemment rendu hommage à ses morts.

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« Quatre ans se sont écoulés depuis le grand tremblement de terre de l'est, a exprimé l'empereur Akihito lors d'une cérémonie mercredi. Nous ne pouvons pas oublier les images que nous avons alors vues, vraiment effroyables. Durant ces quatre années, dans ces  circonstances pénibles, tout le monde est parvenu à tisser des liens, à unir ses forces, mais les conditions restent difficiles. Il est encore important que se poursuivre l'entraide. »

Le gouvernement japonais avait, suite au terrible événement, promis 30 000 habitations pour répondre à la perte de logements de dizaines de milliers de personnes. Mais quatre ans plus, seules 6 000 habitations ont été achevées. « Nous allons tout mettre en oeuvre pour reconstruire les régions sinistrées a affirmé Shinzo Abe. En restant proches de ceux qui ont été directement touchés par la catastrophe forcés de vivre avec une profonde tristesse. » Avec la volonté de réouverture des réacteurs nucléaires, on a connu meilleur timing… #Energie nucléaire